Une histoire d’ange au sourire

Si vous ne l’avez pas encore deviné, j’ai emménagé à Reims en janvier dernier. Même si je suis régulièrement à Paris, je commence petit à petit à prendre mes repères pour devenir une vraie Rémoise, ou presque.

Découverte de l’Ange au Sourire

L’ange au sourire sur la cathédrale de Reims

Arriver dans une nouvelle ville et une autre région, c’est aussi apprendre à connaître ses symboles, ses traditions, ses rendez-vous. À Nantes je m’y suis faite plutôt rapidement grâce à la vie étudiante qui m’encourageait à visiter, sans parler du fait que je travaillais moi-même à mi-temps dans un lieu touristique à savoir le Maillé-Brézé.

À Reims, ville des sacres, on ne peut pas passer à côté de la Cathédrale. Au début je ne comprenais pas vraiment pourquoi chacun s’arrêtait pour prendre en photo le côté de la porte gauche (portail nord). Puis j’ai saisi, c’était l’Ange au Sourire qui attirait toutes les attentions. Cette figure d’Ange présente sur les pancartes de l’A4 quand on arrive à Reims, et aussi sur les boîtes des biscuits Fossier.

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L’ange au sourire sur les boîtes de biscuits roses de la Maison Fossier. Acheter des biscuits Fossier en ligne.
Vue arrière de la cathédrale de Reims, en ce moment en travaux.
Vue arrière de la cathédrale de Reims, en ce moment en travaux.

Quand l’un des nombreux anges souriants de la cathédrale de Reims devint un véritable symbole

Si le sourire de Reims n’est pas celui de l’autorité, c’est que l’ange est dans la ville, comme perdu et pourtant le seul visible. Il n’est pas la pierre qui avec d’autres pierres porte l’ensemble de cette famille serrée sur elle-même, énorme, diverse et étroite, où chacun garde un nom et qui a couronné de ces noms tant de postérité.1

On l’appelle aussi le Sourire de Reims. Pourtant la cathédrale ne dispose pas d’une seule statue d’ange qui sourit, et parmi les 2 303 figures sculptées qui composent les façades de l’édifice, on peut se demander pourquoi cet ange adossé à une porte a fait tant d’impressions.

Tout cela est une histoire de symbole, et même de symbole patriotique.

Lors de la Première Guerre Mondiale, le bombardement de Reims est lui-même tout un symbole. Détruite la cité des sacres, cette ville qui a longtemps porté la grandeur du Royaume de France. Un Roi ne pouvait être sacré qu’à Reims, c’est même pour cela qu’on en a tant voulu à Charles X. Le comte d’Artois, roi après la Révolution Française avait alors fait une petite bourde en choisissant d’être sacré à Reims comme ses prédécesseurs de la monarchie absolue.

Bombarder Reims, c’était donc bombarder le patrimoine français, son histoire, et sa puissance.

Le portail gauche de la cathédrale de Reims en 1914, Agence de presse Meurisse, Bibliothèque nationale de France.
Le portail gauche de la cathédrale de Reims en 1914, Agence de presse Meurisse, Bibliothèque nationale de France.

Alors lorsqu’on a découvert la cathédrale incendiée, et même complètement détruite, on a réagi. L’abbé Thinot a ramassé les morceaux de la tête de l’Ange au Sourire décapité par une poutre qui tombait. Imaginez la découverte de cette tête d’ange brisée, alors qu’elle sourit, dans un coffre telle une relique par Max Sainsaulieu en 1915.

L’Ange au Sourire était devenu une statue martyre. Elle représente la France touchée dans son Histoire.

Saint-Nicaise et l'Ange au sourire, vue sur la façade du porche nord de la cathédrale de Reims, image de 1918, George Eastman House Collection
Saint-Nicaise et l’Ange au sourire, vue sur la façade du porche nord de la cathédrale de Reims, image de 1918, George Eastman House Collection
L'Ange au Sourire, image de 1918, George Eastman House Collection
L’Ange au Sourire, image de 1918, George Eastman House Collection

Pour en savoir plus sur Reims, vous pouvez parcourir la carte de mes visites de la ville et sa région où le répertorie chacun des articles qui en parle : ICI

Vue panoramique depuis la galerie des rois en haut de la rosace de la cathédrale de Reims.


Parvis de la cathédrale de Reims

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Si ce sujet vous intéresse, je vous invite à lire ces autres billets : 

Lectures utiles :


  1. Robert Antelme, « L’Ange au sourire », Lignes 1994/1 (n° 21), p. 123-124. DOI 10.3917/lignes0.021.0123 

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

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