“Lettre d’une inconnue” de Stefan Zweig, lu par Léa Drucker

La nouvelle est un format que j’apprécie particulièrement. Dans la vie, je peux m’ennuyer assez vite, et la construction d’une nouvelle, efficace, satisfait mon moi fainéant peu encline à attendre 400 pages le dénouement d’une histoire. Ce que j’aime dans les nouvelles, ce sont ces petites choses qui paraissent insignifiantes, mais qui vont se révéler en réalité extrêmement importantes. Chaque détail compte, il suffit de savoir où regarder, comme dans un roman policier.

Certains auteurs sont spécifiquement connus pour leurs nouvelles, je pense notamment à Dan Simmons que j’adore, et puis Stefan Zweig pour ceux qui ne sont pas férus de science-fiction et d’anticipation. J’ai alors profité d’un bon plan pour écouter Lettre d’une inconnue que je voulais lire depuis longtemps. La nouvelle lue par Léa Drucker, j’ai ainsi écouter la voix de cette inconnue.

Jeu de miroir

Nous n’apercevons le destinataire de la lettre qu’au tout début, et à la toute fin de la nouvelle. Cet écrivain, reflet de Stefan Zweig lui-même, reçoit un courrier curieux. Une lettre qui ressemble plutôt à un manuscrit, une écriture pleine d’émotion, qu’il lit alors sans se douter ce qu’elle va lui révéler. Nous lisons alors avec lui la lettre de cette inconnue, qui nous parle d’elle, mais qui ne nous raconte finalement que cet écrivain.

C’est l’histoire d’une jeune fille qui rencontre son nouveau voisin et en tombe éperdument amoureuse, d’un amour que seule la littérature est capable de nous conter. Pétrifiée par cet amour, elle rencontre à plusieurs heures de sa vie ce voisin. Mais à chaque fois, l’écrivain ne la reconnaît pas. Elle ne cherche pas à se faire reconnaître, et attend qu’il puisse voir de lui-même de qui il s’agit. Malgré leurs rencontres répétées, il ne la reconnaît jamais, elle cueille alors chaque moment passé avec lui.

La voix de Léa Drucker nous transmet l’émotion de cette inconnue, sans artifice, nous écoutons cette femme narrer sa vie qui ne tourna qu’autour de ce beau voisin. Avec un regard moderne, quelques passages sont même un peu effrayants tant la passion la dévore, et tant elle organise son quotidien autour d’un homme qu’elle connaît mais qui ne la connaît pas. On est pourtant touchés car jamais elle ne s’impose, elle ne fait qu’attendre qu’on la remarque dans l’espoir de recevoir en retour un peu de l’amour qu’elle exprime.

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Voir Léa Drucker parler du travail de lecture à voix haute


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