Quand mon égo fait grève

Mon égo et moi, c’est une histoire qui dure depuis près de 22 ans. Une histoire pas si longue que ça, finalement.

Un vieux couple

Mon égo et moi, c’est une histoire qui dure depuis près de 22 ans. Une histoire pas si longue que ça, finalement.

Au début des années 90, mon égo était très fort. Il me faisait croire que j’étais quelqu’un d’exceptionnelle et de super géniale. J’avais les meilleures notes de la classe, j’étais à la fois l’artiste, l’écrivaine et l’intellectuelle du groupe. J’étais très mauvaise en sport mais mon égo disait que ce n’était pas trop grave. Parce que j’avais un cerveau. Forcément, tous les gens de l’école n’étaient pas d’accord avec mon égo. Et de temps en temps, ils étaient méchants comme tous les enfants. Du coup, mon égo allait se ranger dans ma poche.

Puis finalement, mon ego a décidé de se tenir à carreaux. Il ne se manifestait que très peu dans ma vie et me laissait vivre tranquillement. Par contre, il me disait d’être toujours fière. Ce n’était pas très malin de sa part car cela amène à accumuler en soi des choses qu’on aimerait bien évacuer. Et puis cela fait qu’on n’aime pas du tout de demander de l’aide même lorsqu’on en a besoin. Admettre ses faiblesses, c’est un truc que mon égo ne n’a pas trop appris à faire.

Néanmoins ça aide à garder le moral, ou bien cela amène à toujours fuir en avant. C’est une question de point de vue.

Un jour, mon égo et moi, on s’est disputé

Et puis il m’est arrivé d’avoir des ambitions.

Mon égo n’était jamais d’accord avec mes capacités. Moi je pensais pouvoir le faire, je me disais surtout « pourquoi pas ». Quant à mon égo, il était plutôt d’avis à dire « mais non, pourquoi toi ? ».

Mais comme il fallait quand même prendre quelques petites décisions. Nous avons fini par arriver à un compromis. Pour résumer, je fais ce que je veux et mon égo ferme sa gueule.

Alors j’ai commencé à entreprendre plein de choses que j’ai réussie. En 22 ans de vie, j’ai accumulé tout plein de petites réalisations et de petites expériences. De quoi satisfaire mon égo, sauf qu’il ne se manifestait pas. Alors moi je pensais que j’étais toujours celle à qui il disait « mais non, pourquoi toi ? ».

Du coup cela me motivait encore et encore plus à accomplir d’autres choses. J’ai souvent été dans des situations difficiles mais je m’en suis toujours sortie.

Depuis la primaire, je n’ai connu aucun échec, même si cela a pu me coûter des nuits de non sommeil et de la santé, ou une baisse de vie sociale. Tout a fini par bien se passer.

J’ai déçu mon égo

Alors mon égo et moi, on a eu des hauts et des bas. Par contre on est toujours restés relativement soudés. On se disait toujours « tout ira mieux après, souviens toi la dernière fois que tu étais dans la merde, ça a finit par passer ». Ou « si tu donnes tout, tu n’auras pas à t’inquiéter ».

Une méthode assez efficace d’ailleurs.

Enfin pas tant que ça, puisque cela peut donner des choses comme « souviens toi la dernière fois que tu as failli mourir, et bien cette fois ci je ne te garantis rien ».

Et récemment j’ai eu LA GRANDE IDÉE de quitter le cursus dans lequel j’excellais comme une ouf de guedin de son peuple, pour entrer dans une prépa (une mise à niveau) qui ne me garantissait que LA GRANDE IDÉE de me ruiner financièrement.

Bon en tout cas elle n’a pas menti, j’ai bossé comme une dingue avec trois boulots silmutanés à côté des cours. Pour une moyenne de 35 heures + 3 heures + 5 heures + 10 heures = 55 heures de temps de travail cumulé par semaine. Le problème c’est que ça t’oblige à rater environ 10h de cours par mois, juste parce que tu es épuisé. Le deal totalement inutile.

Je vais le dire, cela a un avantage d’être surbooké. L’avantage, c’est que tu dors vraiment très bien. Au bout d’une demi-seconde mis tes pieds sous la couette, tu t’es endormi pour 6 heures sans interruption.

Et comme tout cela coûte très très chèr, soit je reste dans le nouveau cursus mais dans l’enseignement public, soit je retourne ensuite dans mon ancien cursus où j’excellais et que j’aimais pas trop mal quand même.

Tout cela pour dire que j’ai été refusée par les établissements publics dans lesquels j’ai pu postuler. Ce n’est absolument pas scandaleux, c’est le jeu des concours.

Mais par contre, mon égo fait vraiment la tête.

C’est fini, il ne me parle plus, on ne se voit même plus dans la glace lorsque je me prépare le matin. Ce petit « oh t’es pas trop moche » qui vient du fond de mon esprit me manque.

Mon égo me dit : « je te l’avais dit, tu as fait ta maligne et voilà où tu es maintenant ». Ou bien il me dit : « Haha, ça t’apprendra à être trop ambitieuse. Et puis « ton rêve ne se réalisera jamais, il va falloir accepter que tu finiras employée de bureau ».

Et puis moi je lui réponds : « mais non ça ne veut rien dire, je vais y arriver ». Ou quelque chose comme : « Je veux vraiment faire ça, même si cela prend des années j’irai jusqu’au bout ». Et aussi : « Rien à faire de ce que tu dis, j’y arriverai et ils en seront malade ».

Accuser son vrai premier échec quand tu as tout réussi dans ta vie et que tu t’es toujours donné à 500 % même dans les pires situations merdiques et inconcevables… ça fait mal.

Alors comme je ne l’ai pas écouté, mon égo est parti et ne me fait plus de compliment. En plus, mon estime de moi est parti avec lui. Quelle bande de lâcheurs !

Tu veux soutenir l’égo d’Uty ?

Toi lecteur, tu as plusieurs solutions (elles peuvent être cumulables)  :

– Soit tu ne commenteras ou ne dira rien à la suite de ce billet car tu n’en as pas grand chose à faire, ou bien parce qu’il n’y a pas grand chose à en dire,

– Soit tu cliqueras sur « J’aime ce billet » en signe de compassion à l’échec de mon fièr égocentrisme,

– Soit tu te risqueras à un commentaire qui me fera toujours un peu plaisir,

– Soit tu m’écris des insultes destinées à mon égo qui de toute façon fait grève.

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

15 commentaires

  1. Dis à ton ego d’aller se faire voir chez les grecs ! je l’ai fait dans d’autres circonstances vu que le salop n’arrêtais de me dire que j’allais me planter avec l’homme, et depuis je vis beaucoup mieux ! CRois en ce que tu veux faire, ton ego suivra crois moi. Courage !! (PS je suis dans une filière ruineuse aussi, pas très loin de ce que tu convoites si je comprends bien ce que tu racontes sur twitter, fonce, si ça te plait ça vaut le coup !)

  2. Je dis à ton ego d’aller voir chez les grecs si tu y es. Parce que même si la loi des concours c’est la merde, c’est vache et ça fait bien galérer, au moins tu auras essayé et tu n’auras pas de regret. Parce que c’est ça le plus important. Ok, t’as peut-être pas réussi, mais en même temps t’auras tout tenté. Et ça, ça forge le caractère, et ça fait de toi ce que tu es. Alors quelle que soit ta décision concernant ce que tu vas faire après, ton ego il est pourri, et moi je te soutiens. C’est déjà au moins ça, non ?

  3. Je vais pas cliquer sur « J’aime cet article » parce que je sais pas trop ce que ça fait.

    Sinon quand ton égo te dit que tu fais de la merde, c’est pas forcément pour te pourrir, c’est ptet pour te forcer à te surpasser aussi. Quand on se crois au top du top, on s’endort un peu sur ses lauriers.

    Après faut quand même être réaliste et savoir que y’a toujours meilleur que soi, moi je le prend très bien du moment que je sais qu’il y a largement plus de monde en-dessous qu’au-dessus.

  4. Bon. Ton égo, on l’emmerde, okay?
    Tu n’as qu’une vie, et peu importe ce qui peut arriver, il est important d’en faire ce que tu veux. Vivre avec des regrets, c’est pire que de vivre avec un échec. Parce-que ton échec, tu peux le renverser, tu peux recommencer, et finir par y arriver. Alors que des regrets, une fois qu’ils sont là, tu n’y peux plus rien.
    Il faut vivre ta vie comme tu l’entends, parce-que poursuivre tes rêves est un moyen fantastique de te rendre heureuse. Tu as échoué, et alors? Persévère. Fais de ton mieux, encore une fois. Et tu verras que tu y arriveras. Il faut de la patience, mais si c’est ton rêve, alors pourquoi pas?
    « No flowers bloom overnight ». Alors attends simplement que le jour arrive, pour enfin t’épanouir. Je sais que ça paraît utopique ce que je suis en train de t’écrire, mais je pense sincèrement que tu peux être heureuse, à condition de persévérer. C’est parfois fatiguant, et décourageant, mais si c’est ce que tu veux, alors soit.
    Tu es intelligente, alors je pense que tu sauras faire la part des choses, et surtout agir afin de pouvoir être heureuse. Mais réfléchis-y. Tu peux voir cet échec comme une fin, mais aussi comme un recommencement.

    Bon courage en tout cas.

  5. Moi j’aime ton égo, toi, ton rouge à lèvres, tes cheveux parfaitement raides et ta magnifique frange qui ne part pas de travers, et ton humour sérieux (quand tu fais une blague mais que tu ne rigoles pas) et puis aussi voilà t’es sympa et quand on est sympa, la vie nous le rend : tu réussiras, foi de poisson rouge :p

  6. Mais fuck ton égo! Tu vas y arriver. Ce genre d’échecs ça arrive à tout le monde une fois dans sa vie… Tu vas rebondir, autant de travail ne peut qu’être récompensé d’une manière ou d’une autre. Tu as acquis énormément de connaissances et de techniques, maintenant il faut juste que tu te tournes vers des alternatives à ce système complètement pourri qu’on a en France… Courage <3

  7. La schizophrénie c’est pas toujours aussi grave que ça en a l’air ! :^)

    Le tout avec les échecs c’est de rebondir, mais ça c’est la leçon que l’on ne peut apprendre qu’après un premier #FAIL. On est tous passé (ou passera) par là, mais plus c’est tard plus ça fait mal. C’est comme les vaccins : le premier tu piailles comme le gosse que tu es… puis après tu fais avec te concentre sur autre chose !

  8. Ton ego avait hélas raison , je pense.
    Il existe en effet des gens en ce monde à qui le travail sourit , et qui en persévérant , reussiront .
    Cependant , tu as commis une erreur , grave en plus.
    > »Et puis il m’est arrivé d’avoir des ambitions. »
    Tsssssss. La pire erreur que peut commettre une personne douée en ce monde.
    Réfléchi sans à priori et regarde ton mirroir , puis , à haute voix dis : « Je vais devenir quelqu’un d’important. »
    Bravo , tu viens de mentir. Il faut faire réaliser au gens que dans la vie, « je », « tu », ne réussira jamais.
    Quoi que tu fasses. Ce n’est pas du fatalisme , c’est du réalisme. Et je crois qu’il serait temps de le devenir (Réaliste).
    Ton travail était inutile, et tu le sais, tu le savais déja à l’époque d’ailleurs.
    Tu t’es menti a toi meme sous couvert de cet égo fictif.
    Tu dis avoir peur de finir dans un bureau il me semble.
    Ce dont tu devrais t’inquieter est le fait d’avoir penser finir autre part. Le bonheur c’est pour les autres.
    Arretes toi , profites de la vie , il presque trop tard alors reagis. Arretes le délire.
    Ambition, connerie; égo, idem; vie sociale , rebelote.
    Apprendre de ses erreurs est une immense erreur en soi, si tu rates quelque part abandonne tout de suite, perseverer est synonyme d’échec encore plus grand et tu le savais.
    Je ne sais pas si ce message peut paraitre péjoratif, mais c’est en fait du soutien que je veux te transmettre.
    La vie c’est de la merde , le tout est d’y croquer a pleine dents.

  9. Pour moi mon égo est mon moteur, il me permet de me dépasser surpasser, bien qu’en ce moment il soit d’un niveau olympique ( faudrai organiser un championnat d’ego moi je dit.. ) il me dit toujours d’aller plus haut pasqu’il en veux plus et plus !
    Mais moi et mon égo on a pas toujours été très copains, de nombreuses réorientations n’aidant pas a la bonne santé de celui ci, j’ai quand même réussi a mes 24 de roxer bien fort ( meme si j’ai que un bac+2 la en juin…)
    Après mon ego c’est trouvé des copains en fait… il a trouvé un pote qui s’appelle orgueil et un autre qui s’appelle fierté… Alors la… ca a commencé a bastonner sevère, et ils se sont accordés pour me dire d’envoyer tout boulet, et de faire ce que j’ai vraiment envie de faire, sans me soucier du reste.
    Depuis, j’ai du mal a passer les portes certains jours avec mon ego, mais il demeure assez invisible pour le commun des mortels, donc ca va, je suis pas la personne détestable que l’on pourrais penser :)
    En tout cas, courage pour ton futur :)

  10. Rien que d’avoir des ambitions, c’est respectable ;) Pour ma part je n’ai jamais réussi à aller jusqu’au bout de quoique ce soit, j’ai subit des échecs et rien que le fait de me lancer m’effraye ! Alors estime toi heureuse.
    De plus, comme tu le dis si bien, tu as un bon style d’écriture, tu es intelligente, encore en plus avec une âme créatrice ! J’en serais presque jaloux et mon égo s’enfonce encore plus dans les profondeurs… MERCI.

  11. @Uty, Ce n’était pas le but, tu m’en vois désolé ! C’est un très bon article, tu n’as pas de regret à avoir. De plus, ça fait toujours du bien de se faire recadrer un coup dans les moments de doute.

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