Allemand LV1, comment survivre ?

How to survive when you have to learn German at school.

Good question isn’t it ?

Comment ça c’est bizarre de parler anglais pour un billet à propos de l’allemand ? :)

Je suis germaniste, et j’assume.

Je dois faire partie des rares quelques personnes à avoir pris Allemand en LV1. Quoi que dans ma classe, on était pas mal. Il faut dire on m’a fait commencer l’allemand en CE2 et lorsqu’il a fallu commencer une LV1 au collège, cela me semblait logique.

Anglais LV2 bien entendu, commencé en 5e car j’étais dans un programme européen.

Petits préjugés

C’est fou tout ce qu’on peut dire sur l’allemand. C’est moche, c’est dur à apprendre, c’est difficile, ça ne sert à rien, personne ne le parle…

Déjà si c’est laid ou pas… je ne juge pas. Disons que cela fait parti des goûts et des couleurs. Par exemple j’ai du mal avec l’espagnol car je l’entends de manière assez saccadée et rapide. Comme des claquements de langue qui n’en finissent pas. Et comme je ne comprends rien de l’espagnol, les paroles dans cette langue font du bruit dans ma tête.

Peut-être que si je n’avais jamais fait d’allemand, je trouverai cette langue affreuse. Mais les Allemands ne crient pas tous et ne roulent pas tant que ça les « R ».

En ce qui concerne la difficulté… Franchement, la langue qui est vraiment dure à apprendre à mon avis, c’est le français. Vous vous rappelez vos conjugaisons par exemple ? 3 groupes, le 2e et le 3e qui peuvent pas mal se ressembler, plusieurs sous-groupes dans le 3e… Et contrairement à ce qu’on pense, le français décline. C’est juste qu’on n’appelle pas ça comme ça. Déjà l’ancien français déclinait beaucoup, après ça s’est simplifier. Et puis :

Mon Moi
Mon Toi
Son Soi / Lui / Elle
Ma Moi
Ta Toi
Sa Soi / Lui / Elle
Notre Nous
Votre Vous
Leur(s) Eux

C’est le genre de tableau que je peux montrer aux élèves à qui je donne des cours d’allemand le soir pour survivre dans ma vie étudiante. En général je fais le tableau avec l’élève et au final je lui dis quelque chose du genre : « Tu trouves qu’il y a beaucoup de mots non ? »

Et là je lui explique que la première colonne pourrait correspondre à Nominatif et la seconde à l’Accusatif et au Datif.

Rappel :

Sujet -> Nominatif

Complément d’Objet Direct -> Accusatif

Complément d’Objet Indirect -> Datif.

En ancien français on parle de « Cas Sujet » et de « Cas Régime ». Il y en avait plus mais au final ça s’est résumé à ça, puis dans la grammaire moderne on s’est contenté de dire qu’on accordait les mots entre eux. Mais une variation de mots pour exprimer une idée (la possession par exemple) qu’on varie en fonction du genre, du nombre et de la fonction… C’est de la déclinaison !

Alors l’allemand difficile oui, plus que le français ou autre chose, non. De toute façon apprendre une langue, ce n’est jamais facile. Même si j’ai des facilités, il a quand même fallu que je travaille !

Les avantages de l’allemand

Aucune exception à la règle

Le GROS avantage, le TRES GRAND avantage… C’est que l’allemand, il n’y a quasiment aucune exception. Mais quand je te dis aucune, c’est aucune. Déjà beaucoup moins que le français.

J’ai des camarades Erasmus avec moi à la fac, et ils me disent souvent que le français c’est super compliqué : « on apprend quelque chose, puis il y a une exception n°1, exception n°2, exception n°3, exception de l’exception n°3… ».

Ce n’est pas rageant ? Je suis sûre que vous-mêmes en dictée, vous en baviez par moment. On écrit, on écrit, et d’un coup, on a un doute. « Mince ». Personnellement je déteste quand cela m’arrive en milieu d’un examen parce que je ne peux demander à personne.

Mais très honnêtement, l’allemand, on apprend les règles une fois (ou pas d’ailleurs, je déveloperai après), et bien on est bien tranquille.

Problème de méthode

Je pense qu’il y a un gros soucis dans la manière d’enseigner l’allemand aux enfants et aux jeunes en général. Pour cela que ça paraît aussi difficile. L’an dernier j’ai eu un élève qui trouvait ça vraiment compliqué et qui ne voulait pas apprendre des tableaux par coeur sans comprendre à quoi ça va lui servir tout de suite.

Et là j’ai eu une révélation, parce que moi aussi je déteste apprendre bêtement. Un peu rebelle. ;p

Je me suis donc décidée d’expérimenter une petite méthode sur le jeune garçon de 12 que j’avais en face de moi. Je l’ai suivi pendant 5 mois. Il avait une totale absence de base dans la langue, il savait dire où il habitait ce qui est déjà pas mal. J’ai donc basé tous les cours sur des exemples et des conversations. Et je lui ai surtout expliqué à quoi servait les déclinaisons, les règles de grammaire, à quoi cela servait. Les différences entre l’allemand et le français.

« Non c’est du datif que tu dois utiliser, c’est super important. Et l’autre tu as inversé aussi, c’est de l’accusatif que tu dois utiliser »

« Mais… roh, on comprendra quand même ! »

« Non parce que ce que tu viens de dire, un Allemand va comprendre « Je donne ma soeur à un jouet » et non pas « Je donne un jouet à ma soeur ».

« Ah quand même. C’est pas pareil. »

« Ben ouais. »

Au final je lui ai quand même fait écrire des tableaux de déclinaisons, mais c’est lui qui les a remplis lui-même après des heures et des heures de conversations en allemand. Travail inversé. Au lieu d’apprendre bêtement un tableau pour voir 3 séances plus tard comment on l’utilise (méthode très courante à l’école pour toutes les matières d’ailleurs), j’ai décidé de me servir à fond des règles, et après on a rempli le tableau pour récapituler.

Eliott si tu me lis, toi qui est parti avec ta famille vivre en Autriche ou par là, je te salue. J’espère que tu as réussi à survivre avec ce que je t’ai appris. ;p

Une stratégie

Il y a souvent peu de germanistes dans les établissements scolaires, ce qui encourage certains à ne plus ouvrir de classe d’allemand d’ailleurs. C’est triste.

Mais quand il y en a une, l’avantage est qu’il faut caser le petit groupe de germaniste dans la même classe. Et comme ils ne sont pas très nombreux, qu’on choisit une classe assez diversifié pour les voyages… Quand on fait allemand à l’école, on part beaucoup plus souvent en voyage scolaire que les autres.

Simple constatation. Au bout d’un moment j’ai été éliminée de cette sélection naturelle parce que je ne faisais pas latin.

Après, je ne donne aucune garantie quant à la rentabilité de choisir une langue juste pour pouvoir partir à l’étranger. ;p

De la même manière je ne garantis aucune réussite dans sa vie sociale ou professionnelle car on a fait de l’allemand dans sa scolarité.

Sauf que :

Dire qu’on se débrouille bien en allemand, c’est plutôt pas mal, ça fait intelligent (même si on ne l’est pas forcément :D ).

Avoir un bon niveau d’allemand sur son CV, ça le fait un peu ressortir des centaines d’autres qui ont simplement Anglais LV1 et Espagnol LV2. Ce qui est tout de même un très bon parcours, hein. :)

Spéciales dédicaces à mon professeur d’allemand du collège

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

11 commentaires

  1. j’ai cherché la langue la plus facile à apprendre, je pense que c’est le japonais.

    d’autant plus pour les francophones, puisque tous les phonèmes du japonais sont présents dans le français.

  2. Le problème de l’allemand, c’est qu’en dehors de l’Allemagne, personne ne le parle. Alors que l’anglais et l’espagnol…

    @halmack le japonais est plus facile à apprendre que l’anglais? pas de conjugaison, pas d’accords, pas genres?

  3. Moi j’ai fait allemand LV1, le seul avantage que j’en tire c’est que du coup j’ai bien aimé l’anglais.

    Les mots irréguliers à apprendre par coeur et les profs qui nous faisaient des cours d’un niveau infiniment plus élevé que notre niveau réel ont totalement fait chuter le niveau entre le début de 4ème et la fin de lycée.

    Par exemple, nous faire apprendre du vocabulaire philosophique alors qu’on arrive à peine à dire quelques phrases de base ou comprendre la structure d’un texte, c’est n’importe quoi et ça permet pas de rattraper le retard.
    Et puis c’est pas comme si j’étais le seul de la classe comme ça, c’était assez généralisé. Et en école d’ingénieur c’était pareil.

    Sauf un ou deux cours qu’on a eu avec une étrangère, Erasmus ou un truc du genre. Elle était motivée, on faisait des cours simples voir neuneus, mais au moins on comprenait et on avait envie d’apprendre!

    Bon du coup l’allemand j’oublie, par contre le japonais ça me tente (le seul problème c’est déjà d’apprendre les hiragana, en fait c’est pas facile quand on a pas des choses à lire régulièrement).

  4. @Arnaud :
    En vérité l’allemand est la première langue maternelle d’Europe. Bon après tu as raison on ne parle pas allemand au Chili ni en Australie. Mais bon, ça peut être utile quand même si on bosse en Europe.

    Quant au japonais, la langue qui n’aurait aucune règle de grammaire / conjugaison, est sûrement la moins précise ;p ça doit être galère de ne pas s’emmêler les pinceaux.

  5. @TuXXX :
    Ouais il y a toujours des trucs comme ça… En anglais à la fac on nous faisait étudier de grands textes classiques, aucune leçon de langue. Du coup à l’examen, ceux qui avaient des notions moyennes, galéraient un peu pour rédiger… ;p

  6. Je pense que le principal obstacle du japonais ce sont les kanji à apprendre, il n’y a rarement un sens évident entre le dessin et ce qu’il représente, ensuite chaque kanji peut avoir plusieurs prononciation, c’est long et hautement démotivant.

    Mais c’est probablement les kanji qui font qu’ils n’accordent pas, s’il avait fallu changer de dessin de l’adjectif ou du verbe au premier pluriel ou au premier féminin, ils ne s’en seraient jamais sorti.

    Après la simplicité du japonais fait que le sens d’une phrase est très liée au contexte, ce qui engendre des problèmes d’interprétation.

  7. L’image des allemands en LV1 (celle que j’en ai en tout cas) c’est celle des classes « élites », un peu intello… comme les options choisies pour avoir une bonne classe (au hasard l’option latin).
    Voilà, c’était l’énonciation d’un vilain stéréotype booh, c’est mal ^^ …mais il y a pire que d’être catégorisé(e) intello !

  8. Moi j’ai pris allemand en lv2 et au début ces chiant mais après sa te sert beaucoup .

  9. Je suis totalement d’accord avec toi sur cet article, mais pas tout à fait avec les commentaires qui s’en suivent.
    Je suis indienne et quand j’ai débarqué en France à 6 ans (CP) « Oh ! surprise ! » ma maîtresse était allemande, donc passage obligé par les animaux, les couleurs et les fruits en allemand. Puis en CE2 la même chose, et quand il fut temps de choisir sa LV1 en CM1, il m’a parut tout naturel (comme tu l’as ressenti en 6e) de choisir cette langue.
    Qu’elle soit jolie, laide, difficile, ou facile, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que cette langue, en plus de l’anglais et de ma langue maternelle que je parlais tout deux depuis ma tendre enfance, m’a donné des facilités d’apprentissage, non seulement pour le latin, l’espagnol et le portugais, mais aussi pour les autres matières (histoire-géo, maths…) Sisi, je vous assure, l’apprentissage de plusieurs langues améliorent notre performance intellectuelle : il a été prouvé scientifiquement ;)
    En tout cas, tout ca pour vous dire, que l’allemand, bien qu’elle ne soit pas parlée en dehors de l’Europe est très importante, car :
    1) Elle donne des facilités d’apprentissage, surtout pour ceux qui s’aventurent avec l’anglais plus tard
    2) L’allemagne n’est-elle pas le premier partenaire économique de la France ?
    3) Pour ceux avides de cultures philosophiques ou historiques, l’allemand est le meilleur moyen d’enrichir votre culture générale
    4) Une langue difficile sur le CV, cela fait toujours classe

    Pour l’instant, ce sont les seuls arguments que je trouve, mais il est tard, demain j’aurais plus d’idées. Pour l’instant, il vaut mieux que j’abrège mon commentaire ;)
    Bonne soirée !

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