Vois-tu le temps passer ?

Vois-tu le temps passer, vois-tu le temps passé ?

Aujourd’hui je vais te parler de la gestion de mon travail en télétravail. Ok, techniquement, j’ai peut-être toujours été en télétravail depuis que je suis en freelance. Au tout début, j’étais accueillie dans les locaux de la super team Visibrain, que je remercie encore chaleureusement. Puis j’ai finalement déménagé à Reims. L’isolement provoqué par une coupure totale et immédiate d’avec mes amis, mes habitudes, et aussi une partie de mes revenus (après avoir écoulé un peu d’épargne post-démission), je me suis retrouvée là. À faire des phrases trop longues, seule dans mon appartement la plupart du temps, sans vie sociale, et avec pas assez de moyens à l’époque pour tant sortir. En fait, j’étais quasiment en social distancing avant l’heure. Pourtant, là, je le vis bien autrement, et je dois réapprendre plein de petites choses que j’ai désapprises, notamment en reprenant un lieu de travail « fixe » à l’extérieur de chez moi. Je dis « fixe » car je passe quand même pas mal de temps chez le client, à Paris ou ailleurs, et dans des réunions diverses et variées. Ce qui finalement, malgré ma situation géographique rémoise, fait que je bouge beaucoup.

Alors pour la 3e semaine du confinement et du retour au total télétravail, je vais te raconter des choses pas forcément utiles, mais qui m’aident à rester presque éveillée.

La notion du temps

Je sens bien que j’ai perdu un rythme, par la seule suppression des rendez-vous habituels dans mon agenda. Le vendredi matin n’est plus marqué par mon cours de yoga (et la terrible envie de sieste qui suit). Le lundi matin n’est plus un moment d’éveil permis par 2 jours de repos de la cervelle, et le mercredi n’est plus le jour où j’évite d’aller au parc pour qu’une foule d’enfants n’essaient pas de me voler mon chien parce qu’il est incroyablement mignon et gentil.

En ce moment, rien ne me donne l’impression que le temps passe. Il passe, de fait, mais je ne le ressens pas. Je mène une existence faite de blocs d’activité. Il y a le bloc où je me réveille et où je lis un peu au lit, puis où je prends mon petit-dej. Le bloc boulot, le bloc promenade, le bloc repas…

D’ailleurs, je ne sais jamais quand est la date théorique du confinement, je ne sais même pas s’il est censé y en avoir une. Je crois que l’information est venue un jour à mon cerveau, mais elle est devenue totalement accessoire. Je ne sais pas si on peut parler de résilience ou de renoncement, face à l’idée que cela va être long. Peut-être un mélange des deux.

Cela s’enchaîne, mais rien ne se déroule. C’est très embêtant lorsque je dois suivre des plannings liés à mon travail (tout le temps). Alors j’ai des rappels pour tout, partout. Heureusement pour moi, j’ai toujours eu l’habitude de noter et d’avoir des méthodes de suivi de projet, notamment pour me permettre de communiquer avec les autres où j’en suis, et ce dont j’ai besoin. Autrement, ça serait l’enfer. Alors je remercie : mon carnet, toute la suite Google Drive, Dropbox, et les libellés dans Gmail.

En revanche, je trouve agréable de voir le temps passé sur le décor extérieur. Avec les promenades liées aux « besoins naturels de l’animal de compagnie », j’erre littéralement dans les rues vides de mon quartier. Et je vois, par endroits, la végétation qui s’exprime enfin, puisqu’il n’y a plus personne pour désherber à coup de chalumeau (beurk).

L’administratif à distance, et le télétravail presque généralisé

Contrairement à une situation de télétravail classique, là, quasiment TOUS mes contacts sont en télétravail aussi. Le résultat est vraiment mitigé. Il y a pas mal de gens qui n’ont pas du tout l’habitude de collaborer, et cela se voit. Certaines communications sont difficilement lisibles, compréhensibles, exploitables, entre autres à cause d’un manque de méthode sur l’organisation des documents ou la gestion des fils de mails. Structurer l’information, je sais que je suis vraiment chiante avec ça, mais ça rend service à tout le monde, et cela nous fait gagner du temps à tous.

Il y a aussi le téléphone à gérer. Concrètement, presque tout le monde veut m’avoir au téléphone TOUT LE TEMPS. Alors il faut dire non, car autrement rien n’avance, pendant que l’on te demande comment ça avance, et quand ça avance, et combien ça avance. Encore plus qu’avant, je me félicite de ne pas avoir mon numéro de téléphone communiqué systématiquement à chaque nouveau contact.

Côté administratif, d’une part il y a les échéances classiques. Du côté des paiements de charges (URSSAF/CIPAV pour moi), de CFE (cotisations foncières des entreprises), et impôt sur le revenu, il faut tout vérifier. Je suis contente d’avoir un cabinet comptable pour m’aider. Autrement, il y a ces calendriers des formalités pour les entrepreneurs (2020) que tu peux checker pour voir si tu n’as rien oublié dans tes demandes de reports et autre négociation de délais si tu es en peine de tréso (ou que tu en crains). D’ailleurs, au cas où tu aurais loupé l’info, les déclarations sur le revenu sont décalées, de même que le délai pour faire le bilan de la boîte (exercice 1er janvier – 31 décembre) pour une limite au 31 mai.

Autrement, chose que je n’avais pas anticipée : la signature des contrats. Récemment un contact m’a fait savoir qu’il n’avait pas de scanner/imprimante pour signer un contrat. Je suis donc encore plus contente d’avoir pris il y a un moment le train de la signature électronique. J’utilise pour par HelloSign (par Dropbox) pour faire signer des documents. On m’a aussi déjà fait utiliser Adobe Sign, mais je ne l’utilise pas moi-même pour mes contrats. Plus simplement, ceux qui ont un ordinateur avec macOS/iOS, la fonction annotation dans aperçu permet une signature électronique également en quelques clics. F-a-c-i-l-e. En revanche, si tu as réussi à imprimer, mais que tu n’as pas de scanner, plutôt que de m’envoyer une photo vraiment moche où l’on voit tellement mal, que juridiquement, c’est limite, tu peux utiliser mon appli favorite : CamScanner. Presque la totalité de ma compta doit son existence, et le fait d’être à jour, à cette application.

Garder (presque) la forme

Pour le moral, ce n’est pas évident. Il y a des hauts et des bas, mais c’est globalement plutôt stable où je ressens surtout une lassitude devant tout. Les choses me semblent relativement vaines, et la productivité est sauvée plus par mon instinct de survie que pour l’appréciation de ce que je fais. Je suis quand même très contente d’une partie de mon boulot, et j’ai même un peu de fierté de bosser pour certaines de ces boîtes. Je t’encourage par ailleurs à lire ça, et ça, si le fact checking autour du Covid-19 t’intéresse.
Ce qui est sûr, c’est que je ne m’ennuie pas du tout. Et j’aimerais bien pouvoir me reposer et me prélasser pour vivre ma meilleure vie en confinement. Mais déjà, au vu de mes activités eues les semaines qui ont précédé l’annonce officielle, je trouve cela relativement miraculeux d’être en bonne santé.

Pour le physique, c’est presque plus simple. Je ne te cache pas que je n’ai pas une santé de fer. Je suis cassée de partout, j’ai un asthme relou, et d’autres soucis que je ne citerai pas ici. Pourtant, prendre soin de ma forme physique est sans doute le plus facile, car je sais tout de même à peu près ce que je dois faire. Cela ne fonctionne pas à 100 %, mais au moins, ça y participe. Et on ne se ment pas, être en mauvaise forme physique contribue également assez peu à la productivité.

Ce n’est vraiment pas simple par temps de confinement d’être actif. J’essaie donc des combines un peu idiotes (ou pas) comme le fait de me lever entre chaque tâche/morceau de projet, pour un aller-retour entre mon bureau et la cuisine (environ 12 pas) afin de me servir un verre d’eau. Qu’est-ce que je fais pipi…

Je me suis aussi mise à faire du Zwift sur le home-trainer connecté de mon compagnon de vie. C’est efficace pour faire un peu de cardio régulièrement. Au début j’étais un peu trop brutale dessus, ayant oublié que je n’avais pas réellement faire de cardio depuis des à cause de quelques petits ennuis de santé, mais je me suis calmée depuis. J’essaie aussi de faire du yoga régulièrement, au moins des mouvements de base au réveil et le soir, à défaut de me faire une vraie séance sur le tapis. Au moins pour conserver ou travailler un minimum de mobilité. Bref, il ne manque plus que l’assiduité.

Comme pour tout, en fait.

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

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