La Villa Demoiselle à Reims, un écrin pour l’art nouveau

La Villa Demoiselle est une des attractions phares de Reims lorsque l’on souhaite visiter la ville du champagne également cité des sacres.

Vranken-Pommery

La maison de champagne Vranken-Pommery Monopole et le domaine qui porte également sont des noms qui marquent le paysage de la région tant au niveau architectural, urbain, qu’économique.  Avec la commercialisation de la marque Demoiselle, Vranken s’est démarqué à son époque pour la distribution de champagne dans la grande distribution alors que cela été inconcevable dans les années 70. Aujourd’hui Paul-François Vranken est à la tête du deuxième groupe de champagne dans le monde.

La Villa Demoiselle, ex-Villa Cochet. Il y a moins de 20 ans, cette maison n’avait pas une très bonne réputation. Abandonnée, elle figurait telle une tache sur le paysage du domaine sur le boulevard Henry Vasnier avec ses airs de maison hanté. Henry Vasnier en avait demandé la construction à la fin du XIXe siècle. Malheureusement il ne la vit jamais terminée, et les propriétaires qui se succédèrent n’appréciait pas assez cette bâtisse pour la restaurer et l’utiliser. Henry Vasnier est connu à Reims pour être non seulement un grand homme d’affaires du monde du champagne (Maison Pommery) mais aussi un collectionneur d’art éclairé. C’est par ailleurs sa collection qui a permis l’édification du musée des beaux-arts de la ville de Reims.

Aujourd’hui, c’est grâce à l’impulsion de Monsieur et Madame Vranken que la Villa Demoiselle fut restaurée. Elle est entièrement redécorée aux goûts Art Nouveau grâce à un travail de recherche aux trésors. Aujourd’hui la maison est un véritable écrin pour l’Art Nouveau qui s’exprime dans les murs, le sol, le mobilier, et les œuvres exposées. C’est grâce à son magnifique escalier que la Villa put se protéger des tentatives initiées par ses précédents propriétaires pour la faire démolir. Le coût d’une telle restauration a certainement été extraordinaire, pour un résultat également extraordinaire.

Lustre de l’escalier, une installation luminaire de 10 mètres de hauteur.
Motif floral sur une cheminée du 2e étage

On ne peut pas visiter la totalité de la Villa Demoiselle en raison de l’exploitation du 3e étage par la famille Vranken, et la volonté de faire de ce projet une potentielle résidence personnelle et privée dans le futur. La Villa Demoiselle revêt donc cette ambiance un peu étrange de musée où on a le sentiment d’être chez quelqu’un d’autre sans son autorisation. Tout y est composé car il y a très peu d’éléments qui sont d’origine dans cette maison. C’est une véritable reconstruction d’un décor Art Nouveau. Le couple Vranken a énormément travaillé pour retrouver des éléments d’époques et surtout qui correspondent aux ambitions mises en œuvres lors de la construction. C’est ainsi que l’on retrouve des objets et décors rares réalisés par Tony Selmerscheim, Louis Majorelle, et Émile Gallé. Les vitraux des fenêtres et des portes sont eux aussi des reproductions, tandis que l’immense lustre a été réalisé uniquement à partir d’une photo d’archives en noir et blanc.

La Villa Demoiselle figure aujourd’hui comme une prouesse de recherche historique, artistiques, et technique.

J’espère que les photos que j’ai prises pour vous pourront vous transmettre un peu de l’émerveillement que j’ai ressenti. J’ai surtout aimé les petits détails qui s’expriment dans la Villa, comme les signatures de ceux qui ont participé à l’Art Nouveau.

Motif floral sur la grande cheminée du rez-de-chaussée. La cheminée trouvée pour être installée dans la Villa Demoiselle était tellement grande qu’il a fallu en installer une partie au 1er étage.
La grande cheminée du rez-de-chaussée de la Villa Demoiselle.
Détail d’un salon de la Villa Demoiselle.
Vue extérieure de la Villa Demoiselle depuis son jardin.
Vue sur le lustre de la Villa Demoiselle à Reims dans l’escalier qui permis d’interdire sa destruction.
Sol mosaïque de la Villa Demoiselle. Extrêmement peu de sols sont d’origine.
Des peintures aux pochoirs décorent la plupart des murs. 20 000 feuilles d’or ont été commandées pour la création de ces décors.
Le salon Baccarat avec ses lustres baccarats dont une création centrale de Philippe Starck connue pour son utilisation du cristal noir.
Papier peint reproduisant le cuir de Cordoue dans le salon Cordoue.
Vue depuis une salle de réception de la Villa Demoiselle sur le domaine Pommery.

Écrit par

Je suis tombée amoureuse de la culture visuelle à la fac, lorsque j'ai découvert l'histoire de la photographie et son rôle social. Cela m'a inspiré ce blog que je tiens depuis 2009 pour partager mes découvertes avec vous.

1 commentaire / Donne ton avis !

  1. Claire Robert says:

    Merci pour ces très jolies photos. Je viens de visiter la villa Demoiselle et je retrouve dans vos photos et commentaires l’âme que j’y ai trouvée.

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