Quand j’ai compris que seule la vie de Freelance pouvait me convenir

Pour moi l’été est l’heure du bilan. Je suis encore calée sur un rythme septembre-été malgré le fait que j’ai arrêté mes études. C’est sans doute à cause du fait que l’activité économique ralentit réellement dans la période estivale, et que c’est le moment parfait pour se poser et faire le point sur sa situation.

En peu de temps, j’ai changé beaucoup de choses dans ma vie et cela de manière plutôt radicale. En moins de 3 mois, j’ai quitté mon job et j’ai changé de ville, puis j’ai créé une entreprise dans la foulée. Aujourd’hui je suis donc travailleur indépendant basée à Reims. Cela fait beaucoup de choses à gérer pour une seule personne, et j’admets que cela n’a pas toujours été facile. J’ai ressenti un effet double peine quant à l’isolement que l’on peut constater parfois. Mais je le cherche un peu aussi, car j’ai un tempérament qui fait que je n’aime pas beaucoup être entourée H24, alors ne pas avoir de collègues est pour moi quelque chose de très confortable. Heureusement, il y a les amis qui viennent me rendre visite, et le fait que je puisse retourner facilement en région parisienne pour les voir !

Je n’ai pas plus de temps qu’avant, mais je l’aménage mieux

Il ne faut pas tomber dans le stéréotype du freelance qui a le temps de tout. Nous avons tous 24 heures uniquement par journée, dont une bonne partie qui doit être accordée au repos afin de pouvoir profiter du reste. Au début je voulais mimer un rythme de bureau comme ce que j’avais avant. Dans la pratique, c’est à peu près ce que je fais, car j’ai une session plus ou moins longue de travail le matin, une pause déjeuner, et une session plus longue l’après-midi coupée par quelques pauses. Je travaille aussi parfois le soir lorsque j’ai une charge importante, ou que je souhaite tout simplement prendre de l’avance en prévision d’autres évènements à venir. Je peux donc prendre en compte dans mon emploi du temps, le temps alloué à ce que je veux faire, mais qui ne concerne pas directement mon travail. Cela me permet d’insérer une session de sport en journée, ou bien pour faire les courses avant qu’il n’y ait trop de monde au supermarché. C’est un vrai avantage en terme d’organisation. L’autre point est que cela dynamise plus mon rythme de vie, au sens où je ne me sens pas obligée à rester collée à mon bureau devant mon ordinateur lorsque je fatigue. Si je sors faire un tour, ce n’est pas grave, et c’est même tant mieux, car je reviens presque à chaque fois beaucoup plus fraiche et avec des idées bien plus claires.

Fleurs prises en photo à côté du Réservoir du Bourdon en Bourgogne

Je m’autorise des écarts qui font du bien

Il arrive que je réalise des prestations qui n’ont aucun rapport avec mon activité principale. C’est quelque chose que je ne promeus pas beaucoup, mais cela me permet de créer des bulles d’air dans le boulot. En effet, cela me permet de parler à des interlocuteurs différents, et de réaliser des tâches différentes. Je pense que pour garder la tête sur les épaules et ne pas s’enfermer dans un job où on prendrait trop confiance, ce type d’écart est essentiel. Il faut connaître ce qui se passe dehors pour être bon dans ce que l’on fait ! Ou au moins, savoir vers quoi tendre afin de progresser.

Mappy (en bas) et Gilbert (en haut), son compagnon de quelques jours le temps d’un dogsitting

J’ai une vie chaotique, mais je l’aime

Je suis devenue une personne multicasquettes comme beaucoup de freelance. Mais pour moi cela est une évidence, ou une nécessité. Parce qu’au-delà du fait de réaliser des prestations en mon propre nom, je dois également assumer des charges qu’autrefois d’autres personnes faisaient dans l’entreprise, et dont je ne réalisais pas toujours la valeur. Aujourd’hui, je dois effectivement prouver chaque jour la valeur de ce que je réalise et en faire la publicité, je dois aussi négocier et assumer mon statut. Parfois j’ai de la paperasse et des déclarations à remplir, ou de gros chèques à signer parce que je suis redevable de tonnes de paiements dans tous les sens. Autrefois, salarié, ce sont des choses dont je ne me souciais pas, car il y avait un commercial, un comptable, un secrétaire qui faisaient tout ça et qui déchargeaient les consultants comme moi. Dorénavant, je dois assumer un peu tout, mais pas toujours bien alors je me fais accompagner par des professionnels aussi. C’est chaotique, cela demande énormément de temps, c’est une charge mentale énorme. Pourtant j’adore cette situation, aussi parce que je réalise à quel point chaque personne dans une entreprise a son rôle décisif à jouer.

Le soutien des proches, c’est la meilleure motivation.

J’ai un sentiment d’accomplissement

C’est une réflexion que j’ai eue en regardant la série F is for Family sur Netflix où la mère de famille Sue, bien qu’accomplie en tant que mère et épouse, a besoin de travailler pour avoir une réalisation dont le succès ne dépend que d’elle, et dont elle pourrait être fière. Elle se lance alors dans un travail à domicile inspiré d’une marque de boîtes en plastique. Ce type d’emploi à domicile existe encore et dans de nombreux domaines. On en trouve même dans la mode avec l’entreprise Captain Tortue (j’adore ce nom) qui propose de devenir conseillère mode chez soi. Les initiatives de ce type ne manquent pas. Et c’est quelque chose que j’ai moi-même ressenti. Un besoin de faire quelque chose qui porte mon nom, et pour laquelle je ressens concrètement mon utilité. C’est un peu égoïste peut-être ?

Depuis que je suis freelance je fais plus de vélo, peut-être simplement parce que j’arrive mieux à me reposer !

Voilà donc un bilan, et sans doute pas le dernier. Je crois que la conclusion est surtout le fait que j’ai trouvé un rythme adéquat selon mon mode de fonctionnement. Nous sommes tous différents. Certains sont du matin, d’autres travaillent efficacement la nuit. J’en connais qui sont extrêmement productifs pendant 2 à 3 heures par jour et cela compense largement le reste de la journée. J’ai eu l’opportunité de prendre le temps de comprendre mon rythme et d’adapter le reste en fonction afin de subvenir à la fois à mes besoins et à mes envies. C’est un luxe.

jeudi 06 juillet 2017
  1. Benjamin

    Merci pour ce témoignage et bon courage pour la suite. Je suis moi aussi convaincu que le freelance m’ira très bien aussi. Début de la nouvelle aventure en septembre :)

  2. Uty

    @ Benjamin : Je te souhaite de réussir !

Leave your comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *