Pourquoi nous pourrissons l’indexation de l’Internet pour le marketing

Durant mes recherches sur le déchet numérique, et encore aujourd’hui, j’ai beaucoup réfléchi à cette histoire d’indexation de pages Web et à leur remontée dans les moteurs. En effet, pour penser et réfléchir ce qu’on jète dans le numérique, il m’a fallu voir ce qu’on garde et comment on le garde. D’une part, cela m’a permis de pas mal démystifier cet aspect technologique et geek du fonctionnement de Google. D’autre part, cela a fait naître en moi une forme de lassitude de l’Internet en ayant fouillé ce qui est la fameuse pertinence des moteurs.

Petit avant-propos

Pour commencer on oublie trop souvent que le fonctionnement par mots-clés, descriptions, les tags, balises, et les opérateurs sont exactement les mêmes dont on se sert en bibliothèque. D’ailleurs, les recruteurs pour le référencement naturel auraient peut-être intérêt à aller voir du côté des documentalistes, les premiers référenceurs de l’humanité.

Un moteur de recherche est nécessaire pour se repérer dans le Web. Mais je ne parle pas forcément d’une entité moteur de recherche comme le sont Bing, Yahoo, Google…, mais plutôt d’un système de recherche organisé étant capable d’indexer presque tout l’Internet et dont la technologie permet de trouver les informations sur les pages nécessaires à la recherche. En ce sens, avoir des pages Web optimisées et normalisées sont un minimum pour être lisible par les robots.

Alors le travail d’un moteur de recherche, c’est de pouvoir donner à ses utilisateurs la possibilité de rechercher et de trouver selon des critères de pertinence la page Web qui lui donnera ce qu’il voudra selon un mot-clés.

Quand Google peut être absolument inutile

Par exemple, pour « achat billet d’avion en ligne », je veux acheter un billet d’avion, et pour « avion », je veux des informations sur les avions. Cela paraît un peu évident, et pourtant…

Moi qui voulait retrouver les prénoms des frères Wright en passant par une recherche généraliste sur l’avion, quel est intérêt pour moi de pouvoir acheter des billets d’avion ? Et quel est l’intérêt des compagnies de vol et des comparateurs de prix d’être présent sur un terme générique de ce type ? Certes, cela va générer du trafic, mais des ventes ? Est-ce que vouloir un rappel sur le premier vol d’engin plus lourd que l’air contrôlé va me donner un désir d’acheter des billets d’avion ?

Comment Google peut être inutile dans les résultats naturels

Cette fois-ci, j’estime que Google ne m’a servi à rien mais c’est un peu de ma faute. Pour trouver ma réponse, il fallait que je précise ma recherche avec des termes de type « histoire avion » ou « histoire aviation ».

Globalement, si on tape une requête générique on a de très forte chances de tomber sur une page de résultats bourrée de publicités sur les côtés et des liens commerciaux dans les résultats organiques. C’est assez difficile de chercher une information simplement sans tomber sur un site qui pense être la solution en échange de ton numéro de carte bleue.

store

Pour quelles raisons concrètes ?

Tout ceci découle du principe marketing très simple qu’il faut exposer le public potentiellement intéressé à la marque. Même si cela ne le fait pas acheter tout de suite, au moins il prend connaissance du nom de la marque et de ce qu’elle fait. Ainsi, la fois où j’aurai la bonne idée de m’acheter des billets d’avions, je saurai que le site de Air France – 1er en résultat naturel et fortement présent en publicité – existe pour moi.

Et puis même si cela n’est pas le cas, cela peut être une seule histoire d’image de marque.

Au final, c’est purement mécanique. On ouvre un site qui fournit un service, on veut le promouvoir à fond soit générer du trafic et des ventes à travers différents leviers. C’est ainsi que la première page des résultats naturels de Google devient une vitrine de supermarché dans laquelle on peut faire ses courses. Il ne s’agit pas de fournir une information ou de répondre à des questions, mais bel et bien de vendre.

Parfois je me dis que c’est là la vraie fonction du Knowledge Graph et des autres services de ce type pour avoir une info directement depuis Google. Cela permet effectivement de ne pas avoir à fouiller inutilement parmi une botte de liens commerciaux.

Que faire pour trouver ce qu’on cherche vraiment ?

Les filtres et fonctionnalités de Google pour enrichir les résultats de recherche passent par là. Ils essaient de faire leur boulot en virant tout ce qui peut être spammy, en pénalisant ceux qui vont trop loin en comprenant trop bien comment il faut faire pour remonter dans les résultats sans faire un effort de production de contenus utiles et naturels.

Enfin comme je le dis toujours, Google nous ment. :D

Alors comment faire pour trouver la bonne info, pour faire des recherches, se servir du merveilleux outil qu’est Internet pour accéder aux nombreux contenus indexés et à toute la connaissance qu’on prend la peine de numériser ?

Pour faire des recherches en bibliothèque et pour me servir des différents moteurs de recherche, il y a des formations. Il y a de réelles formations pour apprendre à choisir le bon mots-clés pour trouver l’information qu’on souhaite en essayant de comprendre quel est le bon terme utilisé dans le milieu qui nous intéresse. J’avais bien tourné en rond entre poubelle, déchet, corbeille, jeter… et leurs traductions en anglais.

Des méthodes de recherche, il en existe et ce n’est pas bien compliqué mais il faut y penser. Il faut parfois penser à utiliser tous les filtres de recherche à disposition : Google Books, Scholar, Blog, News, Images… chacun a sa petite spécificité et ne sert pas qu’à faire joli ! Et les réseaux sociaux étant ce qu’ils sont, profitez en pour demander aux gens qui semble connaisseur dans un domaine les sites Internet qu’ils fréquentent, les portails qu’ils utilisent régulièrement.

Enfin, précisez vos recherches. Ne faîtes pas comme moi à chercher bêtement « avion » en croyant avoir rapidement une histoire de l’invention de l’avion. Réfléchissez à vos mots-clés et utilisez aux besoins les operateurs de recherche.

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

5 commentaires

  1. Il est vrai que le web est tellement saturé de référencement qu’il est désormais bien difficile de trouver une information neutre, d’autant plus avec l’avènement de l’édition « de niche » qui s’intéresse à tous les sujets … On peut tenter en faisant une recherche via l’outil « blogs » mais là aussi les communiqués de presse facétieux commencent à envahir tous les propos …

  2. Je pense que ceux qui pourrissent les résultats sont les BH, qui vont pouvoir faire ranker des pages pauvres en contenu à bon coup de blast Xrummer. Après les résultats sur « Avion » je les trouvent pas si nul, il y a wikipedia en 2 avec pas mal d’info. Plus la recherche est précise mieux c’est et au final la quantité de contenu uploader et indexé sur google, twitter, facebook et youtube chaque jour permet d’obtenir des résultats de plus en plus qualitatifs.

  3. Pour être pertinent il faut toujours ajouter -achat avant ton mot clé ;-)

  4. C’est vrai que le Knowledge Graph est sûrement la partie la plus naturelle d’une SERP et la plus utile d’un point de vue renseignements. Mais ça ne m’étonnerait pas que d’ici quelques temps ce bloc se fasse lui aussi pourrir par de l’affichage marketing.

  5. Très bon article, cela fait plaisir de lire un article didactique si bien écrit.
    Pour répondre à Simon, les vilains black hat n’ont rien à voir avec la pertinence de sieur Google, ils ne représentent pas 1% des résultats de recherche (et c’est dieu Google qui le dit) et avec l’avènement des réseaux sociaux, on obtient des résultats d’aussi mauvaise qualité et tout autant détournés.
    Enfin, le Knowledge Graph aussi appelé scrape de Wikipedia, je ne suis pas certain que cela soit une révolution pour l’Internet.

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