Paysage graphique : collage, miroir et LSD

Le paysage, comme sujet principal d’une oeuvre graphique, est assez récent quand on y pense. On dit souvent que le célèbre tableau de Caspar David Friedrich marque un tournant en présentant l’homme de dos qui admire un paysage.

La représentation du paysage

Caspar David Friedrich, Le voyageur au-dessous de la mer de nuage, 1817

Leif Podhajsky, 2010 (?)

Le sujet n’est plus l’homme, c’est le paysage. Jusqu’ici, le paysage n’était qu’un prétexte décoratif pour donner de la profondeur de champ et un joli décor. Pensez par exemple aux oeuvres de Nicolas Poussin : les personnages sont au centre, le paysage fait figuration en arrière-plan pour rappeler quelques contextes historiques avec des colonnes greco-romaines.

Les impressionnistes sont passés par là en nous donnant à voir et à revoir de multiples interprétations de paysages. Rappelons-nous Monet qui peint plusieurs fois le même paysage mais à des heures différentes.

Tendance psychédélique et kaleidoscope

Aujourd’hui, à force de déambulation sur le Web, j’ai remarqué quelques interprétations de paysages quelques peu étonnantes : jeux de miroir, collages, superpositions et ajout de morceaux de galaxie…

Tchmo, Untitled Landscape, 2011
Tchmo, Untitled Landscape, 2011

Leif Podhajsky
Leif Podhajsky

 C’est comme regarder un paysage à travers un miroir déformant, doublé d’un kaleidoscope, triplé d’une lentille un peu salie par des tâches qui rappellent la voie lactée. Je dois avouer être plutôt charmée par ce type de composition. Il permet de révéler le paysage en ajoutant quelques couches de déformations. Parce que lorsque je pense aux photographies de mer et de bateaux à voiles dans les salles d’attente de médecin, je me dis qu’on n’y fait jamais attention. On en voit tout le temps ! La photographie de paysage comme élément de décoration est devenue si banale qu’on n’y jète qu’un rapide coup d’oeil. Notre cerveau se dit « montagne », « plage », « prairie ». Et cela lui suffit.

Là, en déformant et en cachant le paysage, on se force à le regarde de plus près. On admire l’ensemble de la composition en en se demandant comment l’artiste / graphiste a fait sa tambouille, puis on se dit que le paysage derrière n’est pas si mal que cela. La révélation en cachant, comme l’aurait pensé l’artiste contemporain Christo.

Justin Smith, Collage of mountain
Justin Smith, Collage of mountain

Sampling et collage

Alors on emprunte des morceaux d’autres images, ou coupe et on colle. Et surtout on fait cela de manière un peu brute pour qu’on voit les bords de chaque partie. On laisse voir ce qu’il y a derrière pour révéler un peu le support et la technique. Il s’agit d’une retouche qui ne se cache pas. Le montage est assumé et fait entièrement partie de l’intérêt de l’image.

Ashley Joseph Edwards, City Retreat

Jeremy Gesualdo, Family Photograph
Jeremy Gesualdo, Family Photograph

Sinbad contre le cyclope

Cette manière de faire me rappelle les films des années 50. Vous voyez, ces premiers films en couleur épiques qui nous montrent de gros monstres et des effets spéciaux sans perspective réaliste. Sauf qu’à l’époque, c’est tout ce qu’on savait faire, et on trouvait ça fantastique. C’était la pointe de la technologie.

Aujourd’hui, l’image de synthèse n’est plus un problème… comme en témoigne René la taupe. Alors les procédés moins réalistes deviennent des écritures et un style à part entière.

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

1 commentaire

  1. J’adore cette scène avec le cyclope… un souvenir d’enfant, même, lorsque je l’avais découvert alors que je dévorais tout ce qui concernait les différentes mythologies !

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