Des rumeurs qui nous chatouillent les nerfs

Posted on August 8 2010 in Numérique

Oui, vous savez la fille du pharmacien, il paraît qu’elle doit se faire opérer du genou. C’est le père de Thibault qui doit pratiquer l’opération. Oui oui ! Thibault son copain avec qui elle a été faire du ski. On m’a dit qu’il l’aurait poussée et que c’est son père qui opère pour pouvoir étouffer l’affaire.

Moi, je n’aimerais pas être à la place de Thibault.

Diffusion des rumeurs

D’abord, revoyons un peu la définition du mot « rumeur » : « Un phénomène de transmission large d’une histoire à prétention de vérité et de révélation par tout moyen de communication formel ou informel ».

C’est le bouche à oreille (beurk) qui prime dans ce mode de diffusion de l’information. De nos jours on appelerait ça une diffusion virale pour créer un buzz (ramdam !).

Il y a même des sites spécialisés dans la diffusion/dénonciation de rumeurs. Un bon exemple francophone serait hoaxbuster.com qui existe tout de même depuis 2000. On peut aussi consulter urbanlegends.about.com créé en 1997. (cf. La “rumeur sur Internet” Petite histoire des sites de référence. Pascal Froissart Université de Paris VIII « Vincennes à Saint-Denis »).

Internet, media de l’immédiat

Comme me le rappelle @fdruel, la radio est aussi un excellent media de l’immédiat. Si ce n’est le meilleur. En effet, je me rappelle les mots d’un de mes prof’ « en radio, si vous avez une information à faire passer, vous n’avez besoin que d’un téléphone et elle sera diffusée à tout le pays ». Ce qui est vrai ! En à peine quelques minutes on peut annoncer dans une brève que j’ai repassé mon linge. Puis un papier plus développé sera fait plus tard pour détailler ma méthode de repassage.

En télévision cela serait également possible si ce n’était pas autant le bazar pour organiser des flash spéciaux.

Mais l’avantage d’Internet, c’est qu’il s’agit d’un réseau illimité dans le temps et l’espace. Dans l’espace car on peut avoir accès à une info depuis n’importe où dans le monde, et dans le temps car la Toile n’oublie jamais. ;)

Faciliter les comportements extrêmes

Ce genre de phénomène virale est d’autant plus fort que que les autres media ont parfois tendance (bonne ou mauvaise, c’est un autre débat) à reprendre le Web comme source. La vérification de ces dernières et le croisement des informations devient alors un véritable casse-tête. Au final, c’est comme un téléphone arabe numérique super-puissant.

Chez les internautes, tous ces facteurs favorisent les réactions à chaud et moins réfléchies. Par ailleurs, comme le dit si justement @Sebalow, l’existence de nombreuses tribunes permet aux gens de s’exprimer très vite et de discuter d’un sujet fondé ou infondée.

Dans ces tribunes, les mauvaises interprétations sont aisées : la possibilité de réaction instantanée ne nous encourage pas à la relecture et à la réflexion. C’est pourquoi les mauvaises interprétations des avis de chacun autour de la rumeur donnent naissance à des crêpages de chignons spectaculaires. Cas extrêmes (et difficile à suivre) les différentes plate-formes de discussion peuvent se répondrent entre elles : des forums répondent à des blogs qui répondent à des pages Facebook qui répondent à des tweets qui répondent à des vidéos sur Youtube…etc.

(C’est ce qui se passe actuellement sur la blogosphère « beauté », voir fin du billet.)

Cas pratiques

Pour le côté croustillant de la chose et parce que je suis une fille qui aime bien les ragots (pléonasme), je vais vous présenter quelque cas pratiques.

Rumeurs Ozoir-la-Ferrière

Il y a quelques années de cela, je vivais dans une petite ville de banlieue parisienne. Comme beaucoup de villes, nous disposions d’une gare, de collèges, d’une mairie. La mairie a un site Internet qui bénéficiait d’un service hautement technologique : un forum.  C’est là que tout à commencé. [musique angoissante]

Au collège, on disait qu’il y avait eu des agressions à la gare. Des agressions plutôt violentes d’ailleurs. Des filles étaient enlevées pour subir viols, tortures, défigurations… On y croyait. Je ne savais pas tellement quoi croire à l’époque, mais par mesure de précaution j’essayais d’éviter les alentours de la gare.

Je me rappelle qu’on angoissait entre copines… Puis les parents terrifiés sont intervenus dans l’histoire interdisant les sorties à leurs enfants.

En fait, c’était la ville entière qui était terrifiée.

Et un jour, je vois qu’on parle des événements de la gare dans le JT de France 2. « Rumeurs [...] forum de la mairie [...] mensonge [...] grand canular ».

Tout était dit, on s’est fait avoir par un bruit provenant du forum de la ville qui a terrorisé toute la ville et les communes environnantes.

[rires enregistrés]

Elle n’aurait pas du répondre

Exemple beaucoup plus récent :  la petite Jessie qui a été la victime du célèbre site 4chan. Je ne raconterai pas de nouveau toute l’histoire. Grosso modo, Jessie 11 ans a répondu maladroitement aux attaques qu’on lui faisait. Des attaques elles-mêmes fondées sur une simple rumeur. Malheureusement la jeune fille a eu l’idée de faire des vidéos de réponses… Mauvaise stratégie, malheureuse !

He Backtraced It – watch more funny videos

Et comme si cela ne suffisait pas, le papa moustachu s’en est mêlé en participant à une vidéo de sa fille. Il menace les internautes mais cela ne fait que le ridiculiser.

N.B : Je suis la seule à remarquer le t-shirt décolleté de Jessie avec l’espèce de soutif rose qui dépasse ?

Sources :

10 comments

10 thoughts on “Des rumeurs qui nous chatouillent les nerfs

  1. Comme l’illustre très bien la première image de ton article pour vivre heureux il faudrait apprendre (soi-même et aux autres) à ne pas tout regarder, ne pas tout écouter, et ne pas tout raconter …

    Article intéressant, je n’avait pas eut vent de ce … vent de panique qui avait soufflé sur Ozoir-la-Ferrière. Les légendes urbaines parfois terrifiantes parfois franchement hilarantes !

  2. Ah, la rumeur…
    C’est une chose si rapidement lancée et que plus personne ne maîtrise une fois qu’elle est sur les médias.

    Même en publiant des démentis, le message initial aura été amplifié et retransmis par tous les médias…

    Je ne connaissais pas l’histoire de Jessie, je t’avoue que ça m’a scotchée. Elle aurait mieux fait de laisser parler, là, elle s’enfonce!

  3. J’oubliais le pire avec les rumeurs : le principe de « il n’y a pas de fumée sans feux ».

    Qu’elle soit démentie ou non comme le dis La Marmotte, elle aura été publiée et amplifiée partout, mais surtout elle aura laissée sa marque.
    Il est plus facile de se dire qu’il y a un fond de vérité que d’admettre que cela ne puisse être que pure invention. Des vies, des carrières ont été brisée à cause de principe à la c## même s’il s’avère parfois vrai.

  4. Sur un malentendu, un mot lancé rapidement, une insinuation, en détail, et hop, voilà ta réputation entâchée.

    Quelques soient les démentis, y’a rien à faire!

    « sur un malentendu, ça peut marcher! »

  5. @La Marmotte:
    Ce n’est en effet pas tellement malin de la part de Jessie. Plus elle réagit, plus on en rajoute et on se moque. :)
    Mais bon, ils sont sous la protection de la police maintenant. Ils vont peut-être faire plus attention. :p

    @Mealin:
    Attention hein ! Pas intérêt à lancer une rumeur sur moi !

    Et ça vaut pour tout le monde ! :D

  6. Mouhahahaha

    Et, vous savez quoi, selon des sources clairement non identifiée mais sur lesquelles on peut évidemment s’appuyer, j’aurais appris qu’on dit dans les parages de son entourages qu’en fait, vous ne devinerez jamais, mais il parait qu’Uty…

    ;)

  7. J’ai entendu parler du cas « Jessy ». Selon les articles, il s’avère que ce qui a posé problème ce n’est pas tant la rumeur que la réaction de Jessy (provoc, vidéo insultante…). D’ou l’intérêt aussi de bien mesurer le genre de réponse qu’on donne à une rumeur.

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