L’oeil du touriste au Musée d’Orsay, Paris

Cette fois-ci, j’ose vous montrer une de mes propres réalisations. Je dois admettre que je me suis longtemps concertée avec moi-même avant de pouvoir faire cela. Mais finalement, je pense que cela va aider dans ma démarche et aussi m’encourager à produire de plus en plus.  Bon, j’arrête le bavardage, et je vous explique !

 

Un regard tourné vers soi

Depuis quelques temps je suis très intriguée par la figure du touriste, surtout du touriste de notre époque. C’est celui qui va se déplacer parfois sur de longues distances pour voir les merveilles de l’autre côté de la barrière.

Sauf qu’avec le développement du numérique, de la diffusion facile des photos et des rythmes de folie que tiennent les touristes… les choses changent. Le touriste à Paris n’a pas le temps de s’arrêter pour admirer un lieu ou une oeuvre. Il a souvent un programme terriblement chargé qui peut se résumer à : musée, jardin, fontaine, boutique.

Tous ces touristes disposent d’un appareil photo. Parfois les enfants ont même leur propre appareil. Mais que vont-il faire avec ?  Il y a le classique plan d’ensemble sur ce qu’on va visiter, puis la photo de soi-même. Mais finalement, cette photo de touriste (de bonne ou de mauvaise qualité) va avoir un enjeu assez spécifique.

Parce que lorsque tu vas rentrer chez toi pour faire le compte-rendu de tes aventures exotiques, tu diras : « là c’est moi au Musée d’Orsay, là c’est quand je suis allé au Musée d’Orsay », etc.

Alors je me suis intéressée aux touristes dans leur geste de prendre une photo et j’ai essayé de produire un objet qui va résumer sa démarche.

J’ai donc pris en photo des touristes qui prennent des photos. Fait intéressant, pendant que je jouais les espionnes, l’un d’eux m’a demandé de le prendre en photo devant une fontaine.

Il y a d’abord la photo elle-même que j’ai choisi de faire en N&B pour rendre le touriste intemporel. Puis il y a l’enveloppe qui va permettre de rappeler la carte postale. Quand tu postes une photo sur Facebook pendant tes vacances, cela revient à dire « regarde où je suis, je suis là ». Alors l’enveloppe n’est ici pas seulement le contenant mais l’action de prendre une photo pour l’envoyer et la montrer. Sauf ce qui est réellement montré, le réel message de la photographie du touriste sera de dire « JE suis ici ». C’est pourquoi l’enveloppe a été réalisée en papier calque ajouré. Il permet de mettre en valeur le visage du touriste et son action.

Au début j’ai voulu utiliser une écriture très calibrée en utilisant une typographie existante pour la reproduire sur l’enveloppe. Finalement j’ai repensé à la carte postale et à son côté personnel et manuscrit.


Une série à venir

En espérant que mon travail vous aura intéressés et que j’aurais été un peu compréhensible dans mes explications…

J’ai plusieurs de ces « objets » en cours de réalisation. Il y en a notamment deux pour le musée du Louvre avec bien entendu la célèbre pose du  » je mets ma main en haut de la pyramide « . À suivre donc !

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

12 commentaires

  1. J’aime beaucoup aussi. Je trouve ça super que tu oses mettre tes créations ici.
    Je pense que cela ne pourra avoir qu’un effet positif dans ta démarche artistique.

  2. super projet pensé avec cohérence à partir d’une bonne idée et une réflexion intéressante !!!
    une question: demandes tu aux touristes le droit d’utiliser leur image (dans le cas où ils sont reconnaissables surtout)? je joue les Cassandre mais si ton projet finit par être publié ou exposé, tu risques d’avoir un retour de bâton… renseignes toi il y a une décharge à faire signer. Mais si tu les montres toujours de dos ou méconnaissables tu pourras passer outre je crois… :-)

  3. @ Louvero : Ta question est légitime. :-)

    En fait elle participe même à ma démarche et à la question que je me suis posée. Sur ce genre de lieux, tout le monde prend en photo tout le monde plus ou moins volontairement. Mais on ne veut jamais prendre en photo le touriste. Or à Paris, tu as souvent une armée, que dis-je… des bataillons entier de personnes armées d’un appareil photo. Ils se prennent tous mutuellement en photo mais ne se regardent jamais. Là c’est rendre visible ce qu’on ne regarde pas.

    Après en terme juridique, j’ai des photos où les gens sont reconnaissables que je garde pour moi. Mais je ne montre que celle où on ne voit pas assez d’eux pour les rendre reconnaissable.
    Mais il faut savoir que techniquement, tant qu’on ne te dit pas, au moment où tu prends la photo, « Non », la photo est publiable.
    Sauf que comme je l’ai dit précédemment, tout le monde prend en photo tout le monde, alors c’est sensible.

    C’est assez dommage d’ailleurs parce que j’en ai de personnes qui se prennent soi-même en tendant le bras. Il faudrait que j’arrive à avoir cela de dos, je trouve le geste très intéressant.

  4. Moi je pense surtout au fait que l’idée est tellement bonne et qu’il suffirait à Orsay et cie de mettre une borne d’impression photo à l’entrée du musée que tu risques de te la faire piquer :) scrutes les boutiques de musées !

  5. @ Maelin : Tu crois ? :/
    Mais ça marche pas vraiment, je comprends pas ton idée de borne. :p et ne leur donne pas d’idées, tsss !

    Bon d’un côté, en publiant sur le blog je rends le projet public et comme la publication est datée…

  6. me revoilà, juste pour une précision :
    quand tu dis « Mais il faut savoir que techniquement, tant qu’on ne te dit pas, au moment où tu prends la photo, “Non”, la photo est publiable. », tu te trompes Uty.
    Primo, le temps passant, tu oublieras qui a dit non ou oui et sans document signé une parole s’envole et n’est juridiquement pas valable.
    Secundo, à un instant T une personne peut te dire oui par sympathie, par inconscience ou parce que tu n’en fais rien de suite ; et longtemps après, en voyant sa tête en publication, elle n’est plus d’accord, elle n’aime pas ce que tu en fais etc et elle pourra obtenir gain de cause. Les écrits sont là pour te protéger et faire prendre conscience à la personne qu’elle s’engage.
    Tertio, si tu prends en photo une personne sans qu’elle s’en rende compte (de profil, de face de loin..), elle ne peut pas te dire Non… lol !

    Bref, soit tu fais de la photo dos et profil caché par la mèche portée par le vent ;-) et là tu es tranquille ! soit tu vas à la maison des artiste ou les Agessa pour savoir quel paper tu peux proposer…

    Même Doisneau a eu ce pb…bises

  7. @ Louvero : Oui je suis d’accord avec toi ! C’est pour ça que j’ai dit « techniquement […] ». Dans la pratique c’est toujours beaucoup plus compliqué. :-)

    Alors on va rester comme ça avec des photos où on ne reconnaît pas les gens, et tout le monde sera content. :)

  8. Curieuse mise en abîme ou tu photographies un appareil photo qui t’imite. Qui est le sujet ? Et qui est l’artiste ?
    Peut-on parler d’auto-portrait dans le sens où les deux se confondent ?

  9. J’étais passé au travers de ce post là tiens :)

    J’aime beaucoup l’idée et le concept, j’espère que tu nous montreras la suite de ce projet perso.

  10. J’aime beaucoup, je trouve que c’est un joli projet. Je découvre tout juste ton blog et je vais surveiller la publication de la suite de la série!

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