Le Knowledge Graph de Google et l’importance des photos non officielles

Épuisée et à bout de souffle, je me cache discrètement à l’avant-dernier rang d’une salle de conférence bondée. C’est Phil Libin le CEO de Evernote, qui parle mais je parviens à peine à enregistrer ce qu’il dit. Les mots se perdent et les informations s’envolent pour finalement me bercer petit à petit. L’annonce des chaussettes Evernote pendant cette conférence de LeWeb’12 me réveille alors mais c’était la conclusion de l’interview. Petit jingle et de transition, Loïc Le Meur se lève et annonce l’entrée de Ben Gomes vice-président de Google qui parlera du search. Je sursaute, je me réveille… Voilà l’annonce de l’arrivée du Knowledge Graph en France.
Ce n’est finalement pas la première fois que je parle de cela. Peut-être avais-je senti le bon filon avec mon billet qui parle de la normalisation des illustrations. L’indexation, ce n’est pas qu’une histoire de référencement et de positionnement dans un moteur de recherche en ligne. C’est tout de même en premier lieu une histoire de rangement sous divers critères qui permettent ensuite de trouver ce dont on a besoin.
Ce n’est pas pour rien que les opérateurs dans les moteurs comme Google sont très souvent les mêmes que ceux utilisés en bibliothèques : intitle, +, – et autres…

Une fiche Wikipédia

Aujourd’hui la partie droite des résultats naturels de Google montrent des fiches synthétiques lorsqu’on exécute une requête qui correspond à une personne existante. Cela fonctionne pour les personnes réelles, les clubs de foot, les lieux physiques… enfin tout ce qui a potentiellement une fiche Wikipédia pour résumer. Mais cela ne marche pas avec les Pokémons. :'(

Je me rappelle d’une histoire de personnes politiques qui se plaignaient d’avoir des photos horribles sur leurs fiches Wikipédia. Il est vrai que l’encyclopédie collaborative dispose rarement de photographies très flatteuses. Manque de chance, Google se sert principalement de Wikipédia pour faire remonter des images dans le Knowledge Graph, puisque Wikipédia remonte excellemment bien dans Google.

Ce qui remonte dans le Knowledge Graph vient de Google images. un café Naya ?

La raison de ces photos pas trop mauvaises mais peu flatteuse dans les fiches des personnalités se définit en trois mots : droit d’auteur. En effet, il peut être très difficile de se fournir en photographies officielles et professionnelles non volées lorsqu’on se veut être un portail encyclopédique ouvert.

Peut-être que cela va un peu faire réfléchir les personnalités ou même les photographes pour vendre et ouvrir leur clichés afin d’avoir une belle photo de profil dans le Knowledge Graph. Sinon, tu finiras comme Éric Zemmour avec une photographie de Mr Burns.

Un petit mot tout de même sur l’utilité de cette nouvelle fonctionnalité de Google… Pour moi cela ne va pas plus loin qu’une fiche de dictionnaire. Alors cela ne contraint pas vraiment le trafic des autres sites puisque pour avoir des informations intéressantes, il faut dans tous les cas aller plus loin.
Maintenant, si tu comptes te contenter uniquement de la fiche du dictionnaire pour ton exposé de CM2, alors tu prends le mauvais chemin petit.

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

3 commentaires

  1. Le « KG », également appelé « No la girafe » par une certaine frange de la population référenceuse, va très certainement impacter grandement les comportements de recherche des internautes.
    Et étant donné que ce sont les images qui se positionnent le mieux dans la recherche d’images (cf cet article sur le blog RESONEO), les photos qui s’affichent sont en effet bien souvent loin d’être officielles.
    A quand des procès à Google pour utilisation frauduleuse de ces images ?

  2. @ Diije : Dans la loi française (je ne connais que celle-ci en détail pour ce sujet), il a des exceptions concernant l’exploitation des images sur le Web. L’une d’elle étant le cas de l’hébergeur et du moteur.
    On ne peut pas porter plainte pour usage abusif d’une image avec copyright et ce qui va avec contre l’hébergeur de l’image ou le moteur de recherche. Ils sont considérés comme étant seulement des réceptacles physiques. Google passe donc à côté des risques juridiques car il s’agit d’un algorithme qui fait remonter les images, ce n’est pas manuel.
    En revanche, s’il y a choix manuel et humain des images du Knowledge Graph et que Google se présente en tant qu’auteur de la fiche (et non pas agrégateur), alors cela posera problème.

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