Grignotages de mots

Cette fois tu as des intertitres, je suis d’une humeur clémente.

Époque exceptionnelle, mesures exceptionnelles (non). Je suis en pleine phase d’expérimentation sur moi-même. Niveau organisation, je me donne des rendez-vous et essaie d’être très disciplinée. Surtout, éviter les distractions. Si j’ai décidé de faire telle tâche maintenant, je la fais, et je ne me laisse pas aller vers une mail auquel je devrais peut-être répondre tout de suite.

Cela fait quelques jours que je fais ça, avec du Pomodoro en complément, et il est vrai que ça dépile pas mal. En revanche, c’est tout de même plutôt prenant en énergie. Pomodoro est plutôt exigeant, et même si c’est très efficace, ce rythme cadencé n’est pas toujours bien apprécié par mon petit organisme. Alors il faut trouver un équilibre. Respecter son rythme quand même, soit ne pas se forcer si le cerveau a décidé que “non”, et revenir 1h plus tard, et se rendre compte que l’on abat en 2 heures ce qui aurait pris 4 heures si je m’étais forcée… Même pour le cerveau, “le consentement, c’est important”.

En parlant de cerveau, même si ce n’est pas du tout un muscle, j’aime bien le voir comme tel. Depuis quelques jours encore, j’ai décidé de m’accorder une tâche “plaisir” avant de démarrer une session de travail. J’appelle une session de travail un laps de temps durant lequel je dois remplir un certain objectif. Cet objectif peut lui-même être découpé en plusieurs micro-tâches, qui se dépilent grâce à Pomodoro. Parfois je fais une liste des tâches en début de journée, parfois non (car j’ai la flemme et que j’ai le truc en tête), mais j’essaie au moins de noter ce que j’ai effectivement réalisé à la fin. Cela booste mon moral et me permet de mieux me rendre compte de ce que j’ai fait.

Donc là par exemple, t’écrire est ma petite tâche plaisir avant de relire un truc relativement compliqué et compter des trucs pour envoyer des mails à des gens. T’es bien vu quand même.

Maintenant que j’ai terminé cette encore très longue introduction, tu te demandes sûrement où sont les intertitres tant promis. Et bien voilà, ils arrivent, pour te présenter quelques lectures. J’ai pris ma pile des “lectures en cours” et “terminées” pour te raconter ce qui se passe dans mon cerveau avant de m’endormir.

Si tu remarques bien, j’aime assez les récits biographiques.

La cantine de minuit

J’aime tellement cette BD que j’en ai même parlé à la radio. Je t’avais dit que je passais parfois à la radio ?

Ce manda de Yarô Abe relate les anecdotes des clients de La cantine de minuit. Ouvert de minuit à 7h du matin environ, le menu y est presque inexistant. Cependant, on peut commander à peu près tout ce que l’on veut, tant que le patron a les ingrédients en stock. Au travers des plats, l’on découvre des portraits, que l’on apprend aussi à connaître au fur et à mesure des différents tomes. Il y a toujours une petite histoire derrière un plat, surtout celui que l’on commande tout le temps “comme d’habitude”, et surtout sans doute celui que l’on commande la nuit, à un horaire presque improbable.

La cantine de minuit, c’est aussi le récit d’un monde nocturne, ou celui du petit matin. Allez-y, c’est délicieux.

[DISCLAIMER]

Entre le paragraphe précédent et celui-ci, j’ai fait plein de choses. J’ai essayé de faire un Drive pour aller chercher à manger, finalement il a fallu que dans le couple l’un se dévoue pour aller au supermarché, l’autre promène le chien. J’ai préparé 3 repas, j’ai déménagé une partie de mon bureau vers chez moi pour me mettre en confinement sans regretter d’avoir oublié un papier important (pour faire la compta), j’ai aussi envoyé un email à la BPI pour solliciter les aides aux entreprises. J’ai également calculé plein de trucs avec ma calculatrice super cool (tu te moqueras quand je t’expliquerai), et j’ai imprimé des attestations dérogatoires pour pouvoir promener le chien dehors.
J’ai aussi abattu pas mal de boulot, parce que surtout, j’avais complètement oublié que j’étais en train d’écrire ce billet. Alors là, j’essaie d’être méthodique, ok ?

[/DISCLAIMER]

Delacroix

Vraiment, il est cet album Delacroix dessiné par Catherine Meurisse. Je crois que je l’ai repéré dans les rayons de la librairie, en repérage pour trouver des cadeaux de Noël. Finalement, je suis repartie avec un cadeau pour moi-même. Ne parlez pas de mon budget BD à mon conseiller bancaire, s’il-vous-plaît.

Cette bande dessinée à la patte un brin romantique, mais pas trop, reprend les textes d’Alexandre Dumas pour nous narrer le parcours d’Eugène Delacroix.

Delacroix, maître des couleurs, que j’adore d’autant plus que j’ai toujours été très mauvaise en gestion de la couleur. Je progresse, mais vraiment, c’est pas ça. C’est sans doute pour cette raison que je m’habille n’importe comment.

Turing

J’ai relu Turing, par RobertDeutsch.

Nous ne sommes pas du tout dans le même style de dessin que pour Delacroix. Je ne sais pas si je passe plus de temps à lire les bulles, ou à observer les lignes, les choix de couleurs, et la façon dont ont été colorisées chaque case. Ici, chaque page est un tableau très graphique, très moderne, dans lequel l’on redécouvre Alan Turing à la fin de sa vie. C’est mélancolique, c’est doux, et c’est assez cool pour que je le lise à plusieurs reprises.

L’homme de la Quatrième dimension.

J’ai une fascination totale pour les récits paranormaux, rapportés de faits “réels” ou non. Le petit frisson, le doute, la bizarrerie, c’est charmant, presque.

L’homme de la Quatrième dimension de Koren Shadmi fait parler Rod Serling à la première personne. Il nous raconte comment il est passé de jeune homme rêveur, vétéran de guerre, à légende de la télévision. Rod Serling, c’est l’auteur de la Twilight Zone, fait et refait. Je regardais cela enfant. Cela explique peut-être bien des choses.

Usbek & Rica, n°25

Je lis aussi des magazines, enfin surtout lorsque j’attends mon train en revenant de Paris. Ce qui a priori, ne va pas arriver de nouveau dans les prochains jours.

Il y a quelques mois, je lisais Usbek & Rica, ce numéro 25 dédié aux futurs d’Internet. Je suis une intello, t’as vu. Bref, on parle de fin du monde, d’environnement, de transhumanisme. Je ne sais pas, mais cela m’est soudainement venue à l’idée de relire des articles. Aucun rapport avec l’actualité (si).

Papiers, n°31

C’est la fin du monde. Dans la revue version papier de France Culture, sobrement intitulée Papiers, on parla énormément de fin du monde. Les collapsologues ne sont pas tous d’accord sur la façon dont on passera tous, en tout cas, nous les êtres humains, mais a priori, on est vraiment cons.

Ne vois pas forcément de parallèle avec notre tendance à se promener dehors et boire des coups en terrasse alors que l’on a une épidémie qui fait des morts dans la nature. En fait si.

Lorsque j’ai acheté Papiers, je ne m’attendais pas du tout à tout cela. Mais maintenant, j’y pense encore… à cette interview de Sébastien Bohler. Docteur en neurosciences et auteur de Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher, nous explique en bref pourquoi nous sommes cons. Dans notre cerveau, il y a le cortex qui semble tout à fait apte à décider d’actions totalement censées, et de créer même. Puis il y a le stratium qui nous rend impulsif, nous donne du désir et nous fait faire n’importe quoi. Je te laisse deviner qui a gagné entre le cortex et le stratium ces derniers jours, selon tes actions, ou celles de ton entourage. Mon bilan personnel est plutôt mitigé. J’ai été presque sage. Je regrette quelques actions, et à la fois je ne les regrette pas. Mixed-feelings, comme diraient certains.


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