Et si les banques d’images nous rendaient conformistes ?

Depuis quelques années que je flotte dans les méandres des métiers du Web (4 ans, c’est peu), j’ai souvent eu affaire à cet outil magique qu’est la banque d’images.

Fotolia, Getty images et autres compagnons de l’illustration cheap. Mais pourquoi cet a priori de l’image bon marché, de mauvaise qualité, celle qu’on reconnaît de loin sans lire les crédits photo ?  Toute personne habituée à lire des contenus sur la toile peut déterminer en un seul coup d’oeil si une image est originale ou si elle a été achetée sur une banque d’images. Quels sont les indices que nous percevons ? Qu’on ces images de si particulier ?

J’ai peut-être une piste…

Afin de vous exposer ma petite théorie, je vais prendre l’exemple du domaine de l’assistance informatique à domicile.

Voici donc une remarque que je me suis faite en moi-même à force de reconnaitre des images type Getty dans les supports print. J’étais habituée en tant qu’usager du Web à voir toutes ces illustrations qui sonnent faux, mais le choc est d’autant plus grand lorsqu’on les rencontre dans le print. Pour le coup on se dit : « punaise mec, t’avais vraiment pas de budget ».

Au détour de la FNAC… (n’allez pas à la FNAC) :

Choc oculaire, trouble visuel, que dis-je… traumatisme rétinien ! 

Mon coeur bat, JE CONNAIS CE BONHOMME ! Bon sang, mais où l’ai-je déjà vu… Et là, ma mémoire se réveille, voilà où je l’ai déjà vu.

La raison pour laquelle on constate la présence de ce petit personnage à travers les sites Internet d’assistance informatique relève d’un fait seul : le tag. Cette image est taguée dans les banques d’images comme étant pertinente pour parler du domaine de l’informatique à domicile. Et plus on l’utilise, plus il devient pertinent… C’est l’effet pervers de la popularité pour les moteurs.

Mais en dehors de la petite bourde faite par cette marque de jeux de société trouvée à la FNAC, je me demande si ce système de tag ne fait pas qu’on devient terriblement conformiste.

Ce n’est pas nouveau qu’on a en soi une culture visuelle qui fait qu’on utilise plutôt telle image qu’une autre, qu’on prend en photo des choses à peu près de la même manière. On a en nous des « visions » des choses qui sont nourries par notre culture des images.

Par ailleurs, les contenus achetés sur des banques d’images sont souvent très surréalistes. Tu as déjà vu deux filles en tenue d’écolière allongées au sol avec un ordinateur ? En dehors des films porno je veux dire…

Mais l’illustration de banque d’images fait passer les clichés des films pornographiques comme étant des illustrations crédibles.

L’image prémâchée

La banque d’images est un moyen facile et pas très coûteux de disposer d’un énorme panel de visuels pour des thématiques variées. Or, le mode de fonctionnement de ces banques d’images – en triant pour des raisons pratiques par thématiques et applications possibles des visuels – fait qu’on utilise des images choisies pour nous. Le travail est prémâché.

Conséquence simple : nous utilisons tous les mêmes images, les mêmes types d’images alors qu’on cherche à avoir le choix en cherchant dans des banques qui contiennent des millions de références.

De plus, on assiste à un cercle vicieux qui s’illustre par une forte demande. Les pages Web se multiplient et la demande en illustrations est croissante. Il faut donc fournir la demande en nourrissant les banques d’images de nouveaux clichés. J’admets avoir moi-même pensé à vendre des photos à ces banques, en faisant des photos bidons du style : gazon, arbre, arbre au soleil, arbre quand il pleut, plante verte, cahier, crayon… La photo qui me coûte 4 secondes de réflexion.

Mais ce sont des images faciles car elles peuvent illustrer des concepts comme ici « la nature » ou « la papeterie ».

Et ne parlons même pas de Google images qui va faire apparaître ces images déjà utilisées, et qui vont être piquées…

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

12 commentaires

  1. Un article pertinent, je milite d’ailleurs pour let travail inventif et créatif des illustrateurs – et pour l’éducation des foules à ne pas croire que parce que c’est sur Google Images, c’est gratuit.

  2. Les services com’ de certaines marques ne sont clairement pas assez prudents face à l’utilisation de ces plateformes d’images, en effet… J’ai déjà vu des boulettes similaires…

  3. En même temps, il est assez logique que certaines images se répètent, ce sont les plus signifiantes.
    Mais je ne crois pas que cela soit nouveau cette répétition, souviens toi de tes livres d’école, des dictionnaires… très souvent les mêmes tableaux, les mêmes vignettes… oui, c’est vrai le conformisme se niche depuis toujours là on l’on cesse de se donner les moyens de créer et d’oser la différence. :-)

  4. @ Louvero : ça c’est certain. On a tous en nous une panoplie et un historiques d’images vues. Et globalement comme on a une culture commune, il est logique qu’on utilise le même type d’images pour le même type de concept. :-)

  5. Pertinent ! Pour moi le constat d’un manque de créativité (soupir)
    Pour le boulot j’utilise des catalogues truffés de ce types d’image ! Généralement l’occasion de rigoler un peu à la pause café avec les collègues !
    Effectivement soit on retrouve les mêmes bonhommes dans des catalogues concurrents soit on retrouve les fameux clichés porno … en milieu pro moi je dis bravo !

  6. Oui, c’est comme illustrer le sujet des vacances par une photo de plage sous les palmiers (c’est sûr, ça change de la Bretagne !)
    Le premier remède, n’en déplaise à GG, serait déjà d’éviter de choisir son visuel dans les 10 première pages ! Après ça, l’icono, c’est aussi un métier…

  7. Dans « conformisme », il y a « confort »
    Se fier aux règles établies par les habitudes et le martelage d’icônes un peu pavloviennes, c’est l’assurance d’un impact de masse moyen minimum. Dans notre monde dirigé par le coût-horaire, prendre le risque de manquer sa cible en utilisant des codes décalés, aussi pertinents puissent ils être, n’est sans doutes pas suffisamment justifiable aux yeux des donneurs d’ordres qui ont les yeux rivés sur leurs tableaux excel d’indicateurs. Céder à la facilité est tellement simple plutôt que de jouer sa place en essayant de convaincre de la qualité d’un visuel innovant

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