Quand une hyper-connectée lit Thierry Crouzet, celui qui a osé se débrancher

Dans notre promotion d’intellectuels pédants, nous écoutons Place de la Toile sur France Culture parce que cela nous plaît. Ou alors, les tolérants dirons que nous sommes juste tout à fait intéressés par notre domaine. Ce matin là, un de mes camarades – que je ne nommerai pas pour ne pas subir de représailles – me parle d’une intervention de Thierry Crouzet pour la sortie de son livre J’ai débranché.

Car Thierry ne se débranche pas d’Internet, il débranche, tout comme le ferait une personne complètement dépendante de la drogue qui décroche.

J’avais donc 11 minutes à perdre dans une librairie et je suis tombée nez à nez avec ce fameux ouvrage de 224 pages en tête de gondole dans les « Nouveautés ». Visiblement, la campagne de communication a été habile.

Mes yeux s’arrêtent alors sur la couverture que je trouve astucieuse. Il ne faut pas avoir fait de doctorat pour comprendre l’illustration d’Isabelle Sage qui nous montre une prise électrique couverte de verdure à la manière d’un Michal Batory. Je vois par ailleurs écrit « Graphisme :  Isabelle Sage © Gettyimages ». Pardon ?

Je décide donc de lire le livre d’une traite. Cela me permettra de penser à autre chose qu’à mon mémoire de recherche et qu’à mes révisions. Pourtant, même en essayant de me détendre, voilà que je commence à lire un livre sur l’expérience d’un homme vis-à-vis d’Internet. Bon sang, aurais-je moi aussi besoin de débrancher ?

Un livre qui se mord la queue

Thierry Crouzet annonce qu’il va se déconnecter pendant 6 mois. Cette volonté est survenue à la suite d’une crise d’angoisse la nuit de la Saint-Valentin. Ce cher monsieur réalise alors qu’il est sans cesse connectée. Il parle alors de son hésitation à parler de sa présence à l’hôpital à son réseau car il ne voudrait pas qu’on le plaigne.

Finalement, la déconnexion est amorcée et doit durer 6 mois. C’est donc le moment rêvé pour écrire un livre sur cette expérience dont il est lui-même le sujet.

Cet ouvrage est finalement le retour d’expérience d’un homme qui a été plus que connecté. Être sans cesse à l’affût des flux et des interpellations des interlocuteurs numériques demande une activité intense. C’est beaucoup de travail et c’est surtout très fatiguant de faire la veille de l’Univers.

Il est évident que Thierry Crouzet a ressenti un besoin de retourner vers un quotidien amputé d’existence numérique. Pourtant, il narre son entêtement à ne pas considérer Internet et les réseaux qui en découlent comme étant complètement addictifs. Ce n’est pas Internet qui fait l’addiction ?

Il s’agit pourtant de revivre sans internet après une overdose. Meurt-on d’une suractivité numérique ? Quelles sont les causes de cette mort ?

Et si l’addiction réelle, celle que moi aussi je vis lorsque je touche sans cesse l’écran de mon smartphone, était celle du réseau ? Ai-je peur d’être seule ?

J’ai débranché: Comment revivre sans internet après une overdose, Fayard, 2012, 224 p

> Écouter le Podcast de l’émission Place de la Toile du 21 janvier 2012 

> Un an sans Internet – Journal d’une expérience, auto-fiction en BD (Merci @Elblaireau pour la référence !)

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

10 commentaires

  1. Il a l’air intéressant ce bouquin ! Il est facile à lire ou pas ? (je sens que le sujet peut être un peu prise de tête…)

  2. @ mArie : C’est assez narratif. Je ne l’ai pas trouvé difficile à lire. Mais je suis du genre à lire « La Jérusalem délivrée » du Tasse…sans lassitude.

  3. Je suis un peu dans cet état d’esprit en ce moment. J’ai réalisé que ma vie virtuelle avait tendance à empiéter sur ma vie réelle. Pour être franche, mon copain en avait ras le bol de me voir constamment sur twitter.
    J’ai donc « débranché » moi aussi et je m’en porte pas plus mal. J’ai l’impression que mon cerveau n’est plus accaparé par des choses sans importance et que je peux accorder plus de temps à ce qui compte. J’ai un rapport plus résonné avec internet désormais.
    En fait, je pense qu’internet nous bouffe, littéralement…

  4. Six mois, c’est trop court pour se rendre compte des effets du « débranchement »! Il aurait fallu au moins plusieurs années ;-)

  5. Déçue.. Je l’ai trouvé trop long, on s’ennuie.. Dommage il y a pourtant un bon début. Mais un grand merci à toi de me l’avoir prêté !

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