Déconnexions, le SEO n’est pas mort

Oui, j’ai fait exprès pour le titre. Il est très racoleur. :-)
Mais le reste du billet est un peu plus sérieux car je sais aussi faire cela.

Havas Média a livré au monde avec grande générosité une étude intitulée Unplugged. Elle revient sur la notion de déconnexion un peu à la mode en ce moment notamment développée par Thierry Crouzet dans son livre J’ai débranché. Quand cette histoire relève de l’anecdote et de l’auto-fiction, l’étude Unplugged permet peut-être d’y voir un peu plus clair sur ce phénomène.

Chiffres et typologies, des usages qui ne réinventent pas la roue

Après avoir discuté à l’occasion d’une rencontre entre personnes qui m’ont fait sentir toute petite – dont Dominique Delport PDG de Havas Média – , j’ai quelques réflexions que j’aimerais vous partager.

  • 41% des internautes estiment que les marques sont un peu trop intrusives dans leur vie privée
  • 35 % des internautes considèrent que la protection aux données privées est insuffisante et ce chiffre augmente de 5 % tous les ans

Le reste est disponible ici. C’est très dense.

Globalement, l’étude parle quand même de gens qui se déconnectent de manière modérée et qui changent leurs habitudes de consommation de l’Internet. Il y a une prise de conscience du caractère intrusif des médias sociaux dans lesquels on n’est jamais coupés des publicités et des communications mises en oeuvre par les marques.
Au final, cela s’assimile pour moi à la forte proportion des personnes qui utilisent des plug-ins sur leur navigateur pour bloquer les publicités à l’intérieur des sites Internet. D’autres ont tout simplement développé une lecture en tunnel pour être hermétiques aux publicités.

Alors la déconnexion se retrouve être une nuance des habitudes et des pratiques. Il y aura toujours des hyperconnectés et il y aura toujours d’autres personnes qui ne se connectent jamais. C’est la même chose avec le téléphone ou la télévision. En effet certains y sont sans cesse collés tandis qu’une autre partie allument la téléviseur 2 fois par semaine pour regarder l’émission qui les intéresse.

En conséquence, c’est pour moi complètement naïf de se dire qu’Internet a vraiment changé quelque chose ou qu’il crée en lui-même une dépendance quelconque. Nous sommes à mon avis à un moment où Internet et ses usages commencent à entrer dans les moeurs, il ne relève plus de la sorcellerie de l’ordinateur.

C’est donc à partir de ce moment où un réel usage se met en place. Les early adopters sont rattrapés par tous les autres et les manières d’appréhender le Web se diversifient.

Le Web de la conversation n’a pas le monopole des usages

Déjà que cela me faisait plutôt rire de voir l’apparition dans les métiers où j’évolue de cette croyance que les médias sociaux écrasent tout le reste, je dois dire que cette typologie des déconnectés m’a rassurée.

La valeur utilitaire d’Internet reprend son sens. C’est un canal de communication formidable par lequel nous pouvons partager des médias presque sans limite, mais il y a aussi cet usage du Web où on ne partage pas mais où on reçoit. On regarde l’Internet pour citer Maud Serpin que je remercie pour son délicieux lapsus.

Il y a cette connexion où nous avons besoin d’une information : commander un billet de train, voir où je peux acheter le moins cher mon nouveau lave-linge, consulter la météo, avoir le programme télévisé… On prend ce dont on a besoin, on consulte.

L’usage des moteurs de recherche est donc loin, mais très loin d’être fini. C’est comme si nous disions les annuaires professionnels ne servaient plus à personne. Ils ont évolué : les pages jaunes n’ont plus les mêmes formats, on les consulte en ligne ou sur papier. Mais ils sont toujours là.

Les utilisateurs ont besoin des moteurs de recherche. Les informations sont indexées et triées. De manière plus ou moins sociale oui, mais triées quand même. C’est la seule manière que nous avons trouvé pour le moment afin de se repérer dans la masse d’informations et de données dans le réseaux des réseaux (Dominique Cardon, La démocratie Internet : Promesses et limites).

Alors j’ai envie de répondre aux remarques Le référencement est mort, Le SEO est mort, C’est la fin du SEO une chose simple :

Le SEO sera mort lorsque les moteurs de recherche seront morts qu’il y aura en place de manière effective une alternative structurée à la navigation sur le Web.

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

3 commentaires

  1. Bien entendu que le SEO n’est pas mort, et les applications de recherche sur le web que vous citez (par exemple : demande d’info horaire de train, météo locale, ou recherche sur un sujet vague, ou bien recherche en vue d’achat…) sont bien catégorisées par Google et par les Quality rater/Internet Assessor, autrement dit les « petites mains » du web qui qualifient les URL que le moteur leur soumet.

  2. A mon avis, il faut bien scinder le SEO des moteurs de recherches. Les objectifs ne sont pas les mêmes :

    Si le but du SEO (plutôt lucratif) est de faire apparaître un site ou contenu donné dans les premiers résultats d’un moteur de recherche, celui du moteur de recherche (plutôt qualititatif) est tout autre. Ce dernier recherche à afficher les contenus de sites les plus pertinents par rapport aux mots-clés tapés dans la recherche.

    Les mises à jours successives des moteurs de recherche tentent de privilégier le contenu pertinent/récent, c’est ce qui conforte les détracteurs du SEO dans l’idée de dire que cela va disparaître. Mais en pratique, j’imagine qu’on est loin du compte.

  3. Internet n’est qu’un outil comme un autre, on est parti de la mémoire, passé par le papier, la radio, la télévision… et à chaque nouveauté, les plus anciennes ont cédé un peu de place pour les nouvelles.

    Concernant la qualification des URL, c’est un joli conte de fées, tout comme la mort du SEO. Les critères des algorithmes ou des humains sont analysables et manipulables et le seront toujours.

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