Communication politique, quand les stickers créent des légendes

Les campagnes électorales, ce n’est pas toujours une bagarre entre deux personnes pour se partager le pot-au-feu, et ce n’est pas non plus une bataille de gens normaux partout. Aux États-Unis, on n’y va jamais de main morte, et encore moins lorsqu’il s’agit de poser des stickers.

Credit: Damon Winter / The New York Times
Credit: Damon Winter / The New York Times

Rattraper trois numéros du magazine Etapes en retard, ce n’est pas évident. Et cela l’est encore moins lorsqu’il est devenu bimensuel et pèse maintenant près de 200 pages. Tandis qu’une grande partie de la revue se résume en un portfolio géant pour inspirer les graphistes et autres intéressés, la dernière partie sur papier mat s’attelle à des analyses dans la veine culture visuelle. Dans le numéro 210, un dossier est consacré à l’usage des stickers dans la dernière campagne présidentielle américaine. Excellent article ! J’ai donc entrepris de faire quelques recherches en ligne pour en savoir plus.

Les campagnes électorales américaines créent des armées de produits dérivés

Une campagne électorales aux États-Unis, c’est beaucoup de communication et une grande production de produits dérivés. Durant les dernières Présidentielles françaises, je fus un peu déçue quant à la production graphique. J’attendais un peu de près les identités visuelles de partis dans l’idée de trouver des petites choses intéressantes (pour ne pas dire marrantes). Mais il est vrai qu’on ne fait pas dans le grand spectacle par chez nous.

Cette tendance ne date pas hier. À gauche, nous avons le candidat Ronald Regan en Floride lors des élections de 1980 aux États-Unis. Bien sûr, Reagan est un acteur et il n’est pas nécessaire de lui apprendre comment charmer en public. Mais voyez la simplicité et l’impact de la pancarte. Il faut alors imaginer qu’il s’agit surtout d’un format très facile à reproduire et qui peut être distribué à tous les électeurs. Mais pour remonter encore plus loin dans le temps, je vous ai trouvé un document de 1916  qui présente un camion aux couleurs du candidat Woodrow Wilson, 21e Président des États-Unis (1913-1921). Le véhicule n’a alors rien à envier à la page d’accueil de Cdiscount.

Une grande production, et une production multiple

En 2012, il ne faut pas oublier que les États-Unis c’est plus de 300 millions d’habitants, des dizaines de groupes ethniques et de communautés. Chacune est à convaincre que le candidat est le meilleur, ou bien celle qui a le plus de votant est à convaincre qu’e le candidat est indispensable. Le génie de la campagne Obama a notamment été la mise en place d’une communication graphique spécifique pour chaque groupe social. C’est une sorte d’identité graphique personnalisée et étudiée en fonction de la cible marketing. Ainsi, tout le monde peut proclamer pour qui il votera, et il le fait fièrement.
Il y en a pour tous les goûts, et si votre compagnon animalier est d’accord, vous pouvez même lui faire porter un bandana républicain ou démocrate.

Et avec le développement des technologies d’impression, c’est une véritable guerre au stickers qui se met en place. Il y en a partout, sur tous les supports et surtout sur les voitures. Le retour du décalcomanie nous amène vers l’avènement du bumpers stickers qu’on appose sur son véhicule. Et si en France, coller un autocollant In Tartiflette We Trust relève de la rebellion sociale, déclarer ses opinions politiques sur sa voiture semble plutôt courant aux États-Unis comme le montre bien cet article.

Il y a même un tutorial vidéo en ligne, au cas où on hésiterait encore.

Mais bien entendu, ce O bien rond pour Obama est une belle opportunité pour les Républicains. Le O se détourne en zéro ou en NO. Mitt Romney a plus d’un tour dans son sac.

Nobama

J’ai l’air bien maligne maintenant avec mes stickers LinuxFr, et Ubuntu. Mais maintenant que j’y pense, il en faut plus ! Peut-être vais-je songer à lancer une vaste campagne de stickers Écribouille et les coller à travers tout Paris. Malheureusement, cela ne me permettra pas de rivaliser avec Sheppard Fairey à moins d’y passer vraiment beaucoup de temps.

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

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