#AVosPinceaux Comme si t’avais besoin de mon avis

J’ai donc regardé les replays des 2 premiers épisodes de l’émission À vos Pinceaux diffusée en prime time sur France2. Entre temps, l’émission a été déprogrammée faute d’audience suffisante pour être reléguée parmi les trucs qu’on ne sait pas où ranger ailleurs que sur France 4.

Si t’as pas vu à la téloche

Le pitch est simple : un concours avec des peintres amateurs triés parmi les « plus prometteurs » des postulants comme le dit la voix OFF. C’est plutôt sympa. On voit des gens essayer de répondre à l’épreuve en cours. Il y a une petite dose de stress caractéristique pour ce type de programme télé. Beaucoup de défauts ont été pointés, mais comme je suis une personne gentille, je vais commencer par les choses chouettes.

De l’intello sur une grande chaîne à un horaire exigeant

Dans la peinture, même si on veut rester dans le domaine du loisir créatif, on est toujours héritier de quelque chose. Lorsqu’on voit l’orgie de matériel sponsorisé par Géant des Beaux Arts lors des épreuves, on se rend compte à quel point la peinture n’a pas tant évolué que cela ces dernières décennies, ou mêmes siècles. Il y a encore des chevalets, des pinceaux, et des blouses tachées. Cela dit, l’acrylique et autres matériaux issus de produits synthétiques ont tout de même changé des choses, mais je ne suis pas sûre que cela ait apporté tant que cela outre le côté pratique du séchage rapide. Ce n’est peut-être pas aussi décisif que l’apport de la peinture en tubes, ceux que bouffait Van Gogh.

Cela fait du bien de voir des gens passionnés, qui aiment ce qu’ils font, qui s’amusent, et qui sont assez fiers d’avoir une activité créative pour tenter leur chance à la télé. Ils ont tous des manières différentes d’aborder les choses, ce sont surtout des autodidactes, et ils se débrouillent franchement pas mal. Certes ce sont des amateurs. Cela signifie aussi qu’ils n’ont pas toute leur journée consacrée à la peinture, qu’ils font ça un peu entre la cuisson des pâtes et le retour du petit de sa séance d’escalade, mais c’est tout aussi bien. Ils ont juste envie d’être là, profiter de l’instant présent, et éventuellement apprendre des choses au passage.

Sur la partie culture G, même s’il y a eu quelques bêtises, ce n’est pas tous les jours qu’on entend des noms sortis d’un manuel de Gombrich à une heure d’antenne aussi prisée, et sans que cela ne soit sur ARTE. On sort un peu de la culture nécessairement patrimoniale comme le présentent Des racines et des ailes, et Secrets d’Histoire. J’aime beaucoup ces émissions.

A vos pinceaux est-il un projet pas fini ?

J’avais du mal à saisir ce que je n’aimais pas dans À vos pinceaux. Outre un mec qui te dit qu’il n’aime pas les couleurs de ta peinture tout en portant des lunettes de soleil, et celui qui te fait une démo de portrait pas du tout ressemblant, il y avait quelque chose de plus profond. En effet, il y a des tonnes d’émissions où on fait peut-être un peu trop de raccourcis, et où les intervenants ne sont pas toujours très sympathiques. Pourtant ça marche, ça tient le coup. Cela n’a pas été le cas de À vos pinceaux, déprogrammée du prime time.

À la fois, on a un prof qui donne des conseils, des juges qui essaient de modeler le style d’un candidat à leurs images, puis une élimination sans doute plutôt cruelle à coup de remarques parfois tranchantes. Franchement, à quoi ça sert de recruter un mec dans un concours parce qu’il fait partie des plus prometteurs, tout en lui disant durant 4 heures à la télé (donc beaucoup plus en vrai) qu’il doit arrêter de faire comme il veut et suivre les instructions, pour finalement le virer parce qu’il n’a pas réussi du premier coup un truc qui demande des années ?

Sinon globalement, j’ai trouvé les épreuves très scolaires, mais il fallait bien faire quelque chose.

C’est à ce moment que je me dis que À vos pinceaux n’a peut-être pas choisi entre vouloir faire une émission challenge et un télé-coaching. Révéler des artistes amateurs, et trouver la perle rare parmi des gens qui s’ignoraient être des potentiels génies, ou bien baser chaque épisode sur le stress de l’élimination et la cruauté du concours avec de la musique au tempo accéléré à chaque fin de phase ? J’ai le sentiment que À vos pinceaux a voulu faire les deux dans son montage. Peut-être aurait-il mieux fallu faire quelque chose qui soit plutôt à la Pop star, soit une phase d’élimination intense suivie d’un coaching avec élimination progressive rythmée par des phases de travail. Le téléspectateur aurait sans toute d’autant plus apprécié en voyant en quelque sorte les coulisses d’une peinture, que la construction d’une image ce n’est pas si évident que cela. De plus, cela aurait également pu donner de l’épaisseur aux remarques des juges qui paraissent un peu être au doigt mouillé.

Mais bon, je ne fais ni de la télé, et suis encore moins vraiment peintre ou critique d’art.

La suite au prochain épisode sur FR4.

 

J'ai créé ce blog en 2009 pour parler de mes découvertes et de tout ce qui m'émerveillait au quotidien. Aujourd'hui je cherche à partager mes sources d'inspiration, ainsi que mon retour d'expériences dans ma vie d'entrepreneur freelance.

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